Bon état de conservation
En raison du très bon état de l’encadrement et afin d’éviter tout risque de dommage l’œuvre n’a pas été décadrée.
La feuille de papier possède une légère ondulation naturelle, ce qui semble indiquer qu’elle est libre dans l’encadrement et que le support n’a pas été contrecollé
Légère oxydation/jaunissement de la feuille de papier
Nous ne décelons aucune trace de restauration ou de dommage majeur
Les couleurs sont en très bon état, très fraîches et très lumineuses
Présence de quelques craquelures dans la chevelure noire ou la matière est plus épaisse
Très légères piqûres dans l’angle inférieur gauche (peu visible)
Quelques légères traces de frottement du fusain sur le visage qui pourraient être d’origine. Peu visible Quelques coulures/taches dans le fond qui semblent être d'origine lors de l'application de la matière très fluide
1 griffure 1,5 mm minime centre bordure droite
Francis Picabia (1879-1953)
C’est en 1923 à la Galerie Danton que Picabia exposera ses premiers portraits d’Espagnoles. C’est un nouveau coup de théâtre que réalisera cet artiste attaché à se démarquer des courants artistiques dominants du moment. Après avoir excellé dans l‘impressionnisme, il prend une part active dans le mouvement Dada. Artiste anticonformiste qui s’attelle sans cesse à briser la tradition artistique, il s’engage là dans un nouveau défi : la provocation par le retour à l'académisme formel. Cette série de portraits marque une rupture définitive avec le mouvement Dada dans lequel il ne veut pas s’enfermer.
D'origine hispano-cubain par son père, il se rattache à ses racines en la représentation d’un thème traditionnel et intime. Le résultat n’en est pas moins spectaculaire et moderne. Sur un arrière-plan d’un rose saumon lumineux à la manière fauve se détache une figure d’une rare beauté suggérée par des traits épurés, minimalistes. La douceur de son visage contraste avec la dureté de la critique de l’époque à laquelle il répondra avec audace: «je suis étonné que ce soit ce que j'aime le mieux qui se vende le moins».