VX - mercredi soir - Objets précieux et Tableaux

Diego Giacometti (1902-1985), "Table Grecque", c. 1965, bronze patiné brun, plateau en verre, 45x111,8x81,5 cm

Œuvre authentifiée selon le processus mis en place par la succession Diego Giacometti. Un certificat sera délivré à l’acquéreur (2026)

Provenance: Probablement Marguerite Segard, née Prouvost (1906-2000), puis resté dans la famille jusqu'à ce jour

Michel Butor, Diego Giacometti, Paris, 1985, p. 141 (une autre épreuve illustrée); Françoise Francisci, Diego Giacometti, catalogue de l'oeuvre, Paris, 1986, vol. I, p. 78 (une autre épreuve illustrée); Daniel Marchesseau, Diego Giacometti, Paris, 1986, p. 64 (une petite épreuve illustrée); Daniel Marchesseau, Diego Giacometti, Sculpteur de meubles, Editions du regard, Genève, 2018, p.149, (une petite épreuve illustrée)

Lot 22
Estimation
CHF 200 000 - 300,000
Adjugé(hors frais)
CHF 350 000

Descriptif

Diego Giacometti (1902-1985), "Table Grecque", c. 1965, bronze patiné brun, plateau en verre, 45x111,8x81,5 cm

Œuvre authentifiée selon le processus mis en place par la succession Diego Giacometti. Un certificat sera délivré à l’acquéreur (2026)

Provenance: Probablement Marguerite Segard, née Prouvost (1906-2000), puis resté dans la famille jusqu'à ce jour

Michel Butor, Diego Giacometti, Paris, 1985, p. 141 (une autre épreuve illustrée); Françoise Francisci, Diego Giacometti, catalogue de l'oeuvre, Paris, 1986, vol. I, p. 78 (une autre épreuve illustrée); Daniel Marchesseau, Diego Giacometti, Paris, 1986, p. 64 (une petite épreuve illustrée); Daniel Marchesseau, Diego Giacometti, Sculpteur de meubles, Editions du regard, Genève, 2018, p.149, (une petite épreuve illustrée)

Rapport de conditions

Nous ne notons pas de dommage majeur: La table se présente dans un bon état général, conforme à son ancienneté, à son usage et à la nature des matériaux qui la composent.

La ceinture de la table est composée d'origine d’une armature en alliage ferreux sur laquelle est fixée par des vis une bordure en bronze. Les vis sont légèrement visibles, parfois sous la patine et d'autres plus exposées.

Deux baguettes en aggloméré de bois (d'origine?) sont disposées entre le verre et les traverses sur les parties latérales. L’une des deux présente une cassure. Les deux autres côtés, dépourvus de baguettes, laissent apparaître une surface de fer oxydée avec des restes de matériau d’aggloméré, laissant supposer que deux autres baguettes étaient présentes antérieurement.

La table en bronze possède une très belle patine nuancée et subtile allant du doré au brun. On observe également des zones de frottements/ griffures/patine d'usage laissant apparaître le doré du bronze en particulier sur les arrêtes et certains reliefs

Quelques traces d'oxydation vert-de-gris

Nombreuses petites griffures éparses mineures

Le plateau en verre présente de nombreuses rayures d’usage, dont certaines plus marquées.

Complément d’informations
icone

Diego Giacometti (1902-1985) - Table grecque

Issu d’une dynastie d’artistes comprenant son père Giovanni, ses frères Alberto, Bruno et son cousin Augusto, Diego se démarque par sa capacité à transformer le mobilier en œuvre d’art. Arrivé à Paris en 1927, il rejoint Alberto et devient à la fois son modèle favori et son praticien hors-pair. Dans les années 1930, ils collaborent notamment à la réalisation d’une commande de mobilier du décorateur Jean-Michel Frank dont le résultat est d’une modernité radicale.

Évoluant durant cette période dans l’ombre d’Alberto, la Seconde Guerre mondiale marque toutefois un tournant pour Diego : son grand-frère retourne en Suisse tandis qu’il demeure à Paris. Cette période de séparation amorce ainsi son émancipation artistique aboutissant à son propre langage visuel. Il collabore avec de grands collectionneurs et institutions, parmi lesquels Hubert de Givenchy et Elsa Schiaparelli, et participe à d’importantes commandes, notamment pour la Fondation Maeght ou le musée Picasso. Ces commanditaires de renoms sont séduits par son œuvre personnelle singulière, à la croisée de la sculpture et du design.

Cette Table grecque, composée de quatre montants droits reposant sur des pieds scandés par des disques et reliés par une entretoise en X, se distingue par ses lignes géométriques.

Diego délaisse également son bestiaire habituel au profit de lignes plus épurées, ces deux éléments stylistiques renforçant la référence à l’architecture grecque. Cet écho à l’Antiquité grecque est finalement amplifié par la matérialité brute et vibrante du bronze travaillé à la main et patiné de brun, évoquant un vestige archéologique.

La Table grecque que la Maison Piguet a le privilège de mettre aux enchères provient de la collection de la famille Prouvost-Segard et très probablement de Marguerite Ségard (1906-2000). Par sa naissance, elle appartient à la puissante famille Prouvost, dont l’essor économique et l’influence culturelle marquent profondément le XXe siècle. Son oncle, Jean Eugène Prouvost, s’affirme dans le paysage industriel français en développant dès 1911 La Lainière de Roubaix, devenue dans l’entre-deux guerres la filature la plus moderne d’Europe. Dès l’après-guerre, il devient également une figure majeure de la presse française en construisant un véritable empire médiatique comprenant notamment Le Figaro, Paris Match, Marie Claire ou Paris Midi.

Par son mariage en 1927 avec Jacques Ségard (1901–1983), industriel et administrateur de l’entreprise de son oncle, Marguerite Segard rejoint une autre lignée d’industriels et de notables du Nord. Héritière de cette double appartenance, elle s’installe avec son mari à l’hôtel de Bérulle dans le VIIe arrondissement de Paris. Evoluant au milieu des élites industrielles et culturelles parisiennes, les époux constituent une importante collection d’art comprenant entre autres des œuvres de Manet, Monet, Léger et Bonnard.

A la fin du XXe siècle, la table orne l’un des salons de l’hôtel particulier familial du 38 rue Fortuny, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Sortie des salons de la rue Fortuny lors d'un déménagement, elle fut entreposée en garde-meuble en Suisse. Progressivement oubliée au fil du temps, elle est restée protégée des regards avant de réapparaître récemment à la faveur d'un inventaire de succession.

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