Tableaux et sculptures

Raoul Dufy (1877-1953), "La Salute", 1938, aquarelle sur papier, tampon de la signature, 47x62,5 cm (à vue)

Provenance: Galerie Motte, Genève, le 27.11.1965, lot 32; Collection privée, Suisse; Piguet, Genève, le 07.10.2015, lot 1034; Collection privée, Suisse (acquis de la provenance précédente)

Bibliographie: Fanny Guillon-Laffaille, Raoul Dufy: catalogue raisonné des aquarelles, gouaches et pastels, t. 1, Ed. Louis Carré & cie, 1981-1982, p. 108, no. 299

La Salute appartient à l'importante série de vues de Venise exécutée par Raoul Dufy lors de son séjour dans la cité lagunaire en 1938. La basilique Santa Maria della Salute, le quai des Esclavons, le Palais des Doges, le pont du Rialto ou le Grand Canal lui offrent alors autant de motifs permettant de poursuivre ses recherches sur la lumière, la couleur et l'indépendance du dessin et de la surface colorée.

La fluidité de l'aquarelle permet à Dufy de laisser circuler la lumière à travers la couleur, tandis que le dessin conserve son autonomie. Les formes architecturales ne sont pas enfermées dans une description rigoureuse, mais suggérées par une écriture vive et souple, tandis que les plages colorées organisent librement l'espace. Venise, avec les reflets de la lagune, la transparence de son atmosphère et la légèreté de son architecture, constitue ainsi un terrain particulièrement adapté à cette conception de la peinture.

Depuis les années 1920, Dufy développe progressivement un langage fondé sur la dissociation du dessin et de la couleur. Le trait structure la composition tandis que la couleur, affranchie du contour, possède sa propre autonomie et traduit avant tout une sensation lumineuse. Dans les aquarelles vénitiennes de 1938, cette conception atteint une remarquable liberté : quelques lignes suffisent à évoquer l'architecture, tandis que les lavis et les plages colorées restituent l'atmosphère changeante de la lagune.

Quatorze ans après l'exécution de La Salute, Venise devient également le cadre de l'une des consécrations majeures de la carrière de Dufy. En 1952, quarante et une de ses oeuvres sont présentées au Pavillon français de la XXVIe Biennale de Venise. L'artiste reçoit à cette occasion le Grand Prix international de peinture, reconnaissance majeure d'une oeuvre consacrée depuis plusieurs décennies aux rapports entre ligne, couleur et lumière. La cité des Doges relie ainsi symboliquement deux moments importants de son parcours : les recherches lumineuses de 1938 et leur consécration internationale en 1952.

Lot 2231
Estimation
CHF 20 000 - 30,000
Prix de départ
CHF 18 000

Descriptif

Raoul Dufy (1877-1953), "La Salute", 1938, aquarelle sur papier, tampon de la signature, 47x62,5 cm (à vue)

Provenance: Galerie Motte, Genève, le 27.11.1965, lot 32; Collection privée, Suisse; Piguet, Genève, le 07.10.2015, lot 1034; Collection privée, Suisse (acquis de la provenance précédente)

Bibliographie: Fanny Guillon-Laffaille, Raoul Dufy: catalogue raisonné des aquarelles, gouaches et pastels, t. 1, Ed. Louis Carré & cie, 1981-1982, p. 108, no. 299

La Salute appartient à l'importante série de vues de Venise exécutée par Raoul Dufy lors de son séjour dans la cité lagunaire en 1938. La basilique Santa Maria della Salute, le quai des Esclavons, le Palais des Doges, le pont du Rialto ou le Grand Canal lui offrent alors autant de motifs permettant de poursuivre ses recherches sur la lumière, la couleur et l'indépendance du dessin et de la surface colorée.

La fluidité de l'aquarelle permet à Dufy de laisser circuler la lumière à travers la couleur, tandis que le dessin conserve son autonomie. Les formes architecturales ne sont pas enfermées dans une description rigoureuse, mais suggérées par une écriture vive et souple, tandis que les plages colorées organisent librement l'espace. Venise, avec les reflets de la lagune, la transparence de son atmosphère et la légèreté de son architecture, constitue ainsi un terrain particulièrement adapté à cette conception de la peinture.

Depuis les années 1920, Dufy développe progressivement un langage fondé sur la dissociation du dessin et de la couleur. Le trait structure la composition tandis que la couleur, affranchie du contour, possède sa propre autonomie et traduit avant tout une sensation lumineuse. Dans les aquarelles vénitiennes de 1938, cette conception atteint une remarquable liberté : quelques lignes suffisent à évoquer l'architecture, tandis que les lavis et les plages colorées restituent l'atmosphère changeante de la lagune.

Quatorze ans après l'exécution de La Salute, Venise devient également le cadre de l'une des consécrations majeures de la carrière de Dufy. En 1952, quarante et une de ses oeuvres sont présentées au Pavillon français de la XXVIe Biennale de Venise. L'artiste reçoit à cette occasion le Grand Prix international de peinture, reconnaissance majeure d'une oeuvre consacrée depuis plusieurs décennies aux rapports entre ligne, couleur et lumière. La cité des Doges relie ainsi symboliquement deux moments importants de son parcours : les recherches lumineuses de 1938 et leur consécration internationale en 1952.

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