Aloys Zötl (1803-1887), Guépard, 1834, aquarelle et encre sur papier, signée, datée et titrée, 34,5x39,5 cm (à vue)
Bibliographie: Julio Cortázar, Il bestario di Aloys Zötl (1831-1887), Editions Franco Maria Ricci, Parme, 1972, p. 69, ill.
Aloys Zötl (1803-1887), Guépard, 1834, aquarelle et encre sur papier, signée, datée et titrée, 34,5x39,5 cm (à vue)
Bibliographie: Julio Cortázar, Il bestario di Aloys Zötl (1831-1887), Editions Franco Maria Ricci, Parme, 1972, p. 69, ill.
L'œuvre est encadrée sous verre
En raison du très bon état de l'encadrement et de sa complexité, nous n'avons pas pu décadrer l'œuvre, et nous ne connaissons pas exactement son mode de montage
La feuille présente une légère ondulation naturelle.
Présence de deux traces de plis verticaux, centre droite, l'un partant de la partie supérieure, l'autre de la partie inférieure, et traversant l'œuvre jusqu'au-dessus du guépard (voir photos).
Le papier est légèrement oxydé, jauni, avec quelques taches claires visibles, principalement dans le ciel, partie supérieure gauche (voir photos)
Les bleus du ciel sont légèrement défraîchis
Présente une petite dépigmentation dans le feuillage des arbres, principalement l'arbre à droite et la végétation de premier plan (voir photos)
Nous ne notons pas de dommage global sur cette œuvre, qui est relativement bien conservée
Aloys ZOTLI
Autodidacte et maître teinturier en Haute-Autriche, Aloys Zötl consacra ses soirées et ses hivers, à un vaste « bestiaire » aquarellé. Il y élabore patiemment, sur plusieurs décennies, un corpus d’animaux où la curiosité encyclopédique se mêle à l’imagination, les espèces venues d’ailleurs étant mises en scène dans des décors recomposés. Le lot 2319 représente un rongeur arboricole, sans doute un écureuil géant d’Asie, campé sur une branche au-dessus d’un relief montagneux. Sa queue démesurée, déroulée en arabesque au-dessus du dos, compose une ligne souveraine qui concentre l’énergie de la figure. On retrouve le vocabulaire propre à Zötl : profil net, décor exotique recomposé, précision des textures et sens raffiné des transparences. La précision du pelage, posée en lavis translucides, révèle l’œil d’un coloriste formé aux teintures ; la lumière naît des réserves du papier et de rehauts discrets. Sa pratique professionnelle nourrit ainsi une véritable science des couleurs.
La seconde feuille (lot 2320) présente un grand félin en profil noble, comme un emblème, au milieu d’une végétation composite comprenant des aloès en fleur, des arbres stylisés et des rochers théâtralisés, qui convoque à la fois les souvenirs d’ouvrages de naturalia et la rêverie romantique. L’équilibre entre la clarté du dessin et le moelleux des lavis confère à l’animal une présence presque héraldique.
Zötl ne cherche pas l’exactitude zoologique pure ; il compose une image poétique du monde, à la frontière de l’illustration naturaliste et du décor rêvé. Redécouvert au XXᵉ siècle et salué par André Breton comme un « surréaliste de vocation », Zötl apparaît aujourd’hui comme une figure singulière du XIXᵉ siècle, dont l’œuvre anticipe, par son étrangeté calme et sa puissance d’invention, une sensibilité moderne.
Sur le plan historique et de marché, l’ensemble est particulièrement intéressant et rare : la production disponible reste limitée, nombre d’aquarelles demeurant en collections privées, et les feuilles abouties, au décor élaboré, bien conservées telles que celles-ci sont peu fréquentes. Ces deux œuvres s’inscrivent pleinement dans le cœur du « bestiaire » construit à partir des années 1830, typique de la pratique au long cours qui fonde la réputation postérieure de Zötl.