Johann Rudolf Huber (1668-1748), attr. à, Portrait de Beat Fischer von Reichenbach de Berne (1641-1698), huile sur toile, 135x102 cm
Inscriptions au verso Beat Fischer von Reichenbach de Berne Né et mort à Berne. Membre du Grand Conseil (1673) et secrétaire des finances allemandes (1674). En 1675, Beat Fischer von Reichenbach obtient, pour vingt-cinq ans, la régale des postes bernoises, créée à son instigation. Grâce à de nombreux contrats conclus avec d'autres cantons et avec l'étranger, il parvient en quelques années à faire de la poste bernoise l'entreprise postale la plus importante et la plus prospère de la Confédération, ainsi que l'un des services de courrier les plus rapides d'Europe. En reconnaissance de ses efforts pour établir des liaisons postales entre l'Allemagne et l'Espagne, il se voit conférer par l'empereur Léopold Ier la dignité héréditaire de chevalier impérial (1680). Beat Fischer von Reichenbach témoigne également de ses compétences et de ses talents d'organisateur dans d'autres fonctions; il est concessionnaire de l'orphelinat de Berne (1675-1685), éditeur du premier hebdomadaire bernois, la Gazette de Berne (1677), concessionnaire de l'atelier monétaire de Berne (1678-1681), bailli de Wangen (1680-1686) et membre du Petit Conseil (dès 1695). La fortune amassée pour l'essentiel grâce au service postal lui permet d'acquérir en 1683 la seigneurie de Reichenbach (auj. comm. Zollikofen) et de reconstruire son château. (Source: Dictionnaire historique de la Suisse - DHS)Johann Rudolf Huber (1668-1748), attr. à, Portrait de Beat Fischer von Reichenbach de Berne (1641-1698), huile sur toile, 135x102 cm
Inscriptions au versoFONDATION DES SUISSES DANS LE MONDE
La Fondation des Suisses dans le monde, hébergée depuis de nombreuses années dans le lieu historique du château de Penthes après celui de Coppet, a prouvé au monde entier que l’apport de la Suisse à la marche de l’Histoire était inversement proportionnel à sa taille géographique. Cette initiative unique, née de la conjugaison de la passion de Jean-René Bory (1928-2009) et de l’enthousiasme de nombreux donateurs pour mettre en lumière les grands destins de leurs aïeux, était un exemple du genre. Son but: «faire connaître le plus largement possible l’histoire des Suisses qui, dans le monde, ont exercé une influence significative sur la civilisation de leur temps», tant d’un point de vue militaire que dans les domaines scientifiques, culturels et économiques.
Ainsi les salles Diesbach-Watt, Stuppa, Le Fort, d’Affry, de Reding et Meuron présentaient les acteurs de la politique d’alliance de la Confédération suisse qui, après avoir prêté serment à la «Nation Suisse», combattaient au service des Puissances alliées et au sein des Régiments suisses, des Gardes Suisses et des Cent-Suisses. Les fringants uniformes rouges (lots 36, 37, 39, 4097 à 4101, 4122 à 4125,…), les armes étincelantes aux lames en acier bleuies et or (lots 38, 4106, 4107), les fleurs de lys (lot 4113) les aigles (lot 4091) ou les lions (Lot 4131), tout était convoqué pour célébrer la grandeur militaire des soldats suisses, y compris le sacrifice héroïque des Tuileries le 10 août 1792 (lot 4405).
D’autres faits plus méconnus illustrent l’omniprésence des Suisses dans la grande géopolitique. Rappelons, en guise d’exemple, que dans le face-à-face des nations lors des guerres napoléoniennes, c’est un Suisse, Jomini (lot 4507), qui sauva la Grande Armée en découvrant le passage de la Bérézina, face aux armées du tsar Alexandre. Ce tsar qui confia un jour : «Tout ce que je suis, je le dois à un Suisse», en évoquant Frédéric-César de la Harpe (lot 51), son précepteur et conseiller lausannois.
Mais il en faut davantage pour que la Suisse marque l’humanité de son sceau à la croix blanche. Entrent alors en jeu la diplomatie, l’économie, les sciences, les lettres, avec des figures hors-normes comme les scientifiques Haller (lot 61) et Jean-André Deluc (lots 60, 4416), les financiers Necker (lots 74, 4327, 4365) et Gallatin, Secrétaire d’Etat au Trésor américain (lots 4385 à 4387), l’ingénieur Koechlin (lot 4388) qui travailla à la construction de la Tour Eiffel, les sages Pictet de Rochemont et Guisan (lot 66), les audacieux Audemars (lots 4380 à 4384), Nicollier (lot 4389), Piccard (lot 4390), etc. Piguet Hôtel des Ventes est très honoré d’avoir pu revaloriser, par un travail historique et scientifique, cette collection d'une rare diversité, riche en uniformes, armes anciennes, portraits, phaléristique, numismatique, livres anciens, beauxarts, où l’on retrouve les patronymes des plus glorieuses familles suisses: Affry, Besenval, Burckhardt, Crousaz, Diesbach, Fischer, Gélieu, Gingins, Griset de Forel, Haldimand, La Harpe, Marval, May, Meuron, Necker, Pfyffer, Pictet, Reding, Rigot de Begnins, Salis, Schumacher, Schulthess, Tronchin, Vasserot de Vincy, etc.