[VIENNE]. ISABEY (Jean-Baptiste), d'après. Congrès de Vienne, séance des plénipotentiaires des huit puissances signataires du traité de Paris, [1819], gravure signée par J. Godefroy (1819), 65,5x86 cm (plaque), sous encadrement. Moment fondateur dans l'histoire moderne et la géopolitique européenne du XIXe s. et canalisateur des grandes notions qui seront explorées dans cette période (consciences nationalistes, démocratisation et variabilité des frontières), le congrès de Vienne vient conclure la période des guerres napoléoniennes et redéfinit ainsi les rapports entre États. Une réorganisation des forces et des frontières de l'Europe se dessine sous l'égide des nations victorieuses (Allemagne, Prusse, Grande-Bretagne et Russie) par d'habilles mais variables négociations. La suisse est l'un des objets de ces concertations; l'envoi d'une délégation, suite à la première signature du Pacte fédéral (certes à reculons pour certains cantons), menée par Hans von Reinhard qui compte aussi Jean de Montenach et Johann Heinrich Wieland et plusieurs représentants de cantons et de villes comme Frédéric-César de La Harpe, soulève l'importance à maintenir ce territoire pacifié et militairement neutre dans le jeu des puissances. La suisse 'moderne' est donc modelée au gré de changements d'autorité des anciens cantons ou créations de nouvelles entités, d'ajouts de territoires, avec comme ciment de cette construction naissante : le principe de neutralité perpétuelle. Malgré les débuts balbutiants de cette réécriture, ce temps fort de la diplomatie internationale et les accords qui y sont signés, jetèrent les fondations de la Suisse telle que nous la vivons aujourd'hui
[VIENNE]. ISABEY (Jean-Baptiste), d'après. Congrès de Vienne, séance des plénipotentiaires des huit puissances signataires du traité de Paris, [1819], gravure signée par J. Godefroy (1819), 65,5x86 cm (plaque), sous encadrement.
Moment fondateur dans l'histoire moderne et la géopolitique européenne du XIXe s. et canalisateur des grandes notions qui seront explorées dans cette période (consciences nationalistes, démocratisation et variabilité des frontières), le congrès de Vienne vient conclure la période des guerres napoléoniennes et redéfinit ainsi les rapports entre États. Une réorganisation des forces et des frontières de l'Europe se dessine sous l'égide des nations victorieuses (Allemagne, Prusse, Grande-Bretagne et Russie) par d'habilles mais variables négociations. La suisse est l'un des objets de ces concertations; l'envoi d'une délégation, suite à la première signature du Pacte fédéral (certes à reculons pour certains cantons), menée par Hans von Reinhard qui compte aussi Jean de Montenach et Johann Heinrich Wieland et plusieurs représentants de cantons et de villes comme Frédéric-César de La Harpe, soulève l'importance à maintenir ce territoire pacifié et militairement neutre dans le jeu des puissances. La suisse 'moderne' est donc modelée au gré de changements d'autorité des anciens cantons ou créations de nouvelles entités, d'ajouts de territoires, avec comme ciment de cette construction naissante : le principe de neutralité perpétuelle. Malgré les débuts balbutiants de cette réécriture, ce temps fort de la diplomatie internationale et les accords qui y sont signés, jetèrent les fondations de la Suisse telle que nous la vivons aujourd'hui
Petites restaurations sur le contour de la planche
Qlqs légères rousseurs
Minime insolation de la feuille
Vitre fendue en partie
Sur la gravure sont représentés de gauche à droite :
Arthur Wellesley - Joaquim Lobo da Silveira - António de Saldanha da Gama - Karl August von Hardenberg - Carl Löwenhielm - Louis Joseph Alexis de Noailles - Klemens Wenzel von Metternich - Frédéric-Séraphin de La Tour du Pin Gouvernet - Karl Robert von Nesselrode - Pedro de Sousa Holstein - Castlereagh - Emmerich Joseph von Dalberg - Johann von Wessenberg - Andreï Razoumovski - Charles Vane - Pedro Gómez Labrador - Richard Trench - Nikolaus von Wacken - Friedrich von Gentz - Wilhelm von Humboldt - William Cathcart - Talleyrand - Gustav Ernst von Stackelberg.
La suisse n'étant pas représentée.
FONDATION DES SUISSES DANS LE MONDE
La Fondation des Suisses dans le monde, hébergée depuis de nombreuses années dans le lieu historique du château de Penthes après celui de Coppet, a prouvé au monde entier que l’apport de la Suisse à la marche de l’Histoire était inversement proportionnel à sa taille géographique. Cette initiative unique, née de la conjugaison de la passion de Jean-René Bory (1928-2009) et de l’enthousiasme de nombreux donateurs pour mettre en lumière les grands destins de leurs aïeux, était un exemple du genre. Son but: «faire connaître le plus largement possible l’histoire des Suisses qui, dans le monde, ont exercé une influence significative sur la civilisation de leur temps», tant d’un point de vue militaire que dans les domaines scientifiques, culturels et économiques.
Ainsi les salles Diesbach-Watt, Stuppa, Le Fort, d’Affry, de Reding et Meuron présentaient les acteurs de la politique d’alliance de la Confédération suisse qui, après avoir prêté serment à la «Nation Suisse», combattaient au service des Puissances alliées et au sein des Régiments suisses, des Gardes Suisses et des Cent-Suisses. Les fringants uniformes rouges (lots 36, 37, 39, 4097 à 4101, 4122 à 4125,…), les armes étincelantes aux lames en acier bleuies et or (lots 38, 4106, 4107), les fleurs de lys (lot 4113) les aigles (lot 4091) ou les lions (Lot 4131), tout était convoqué pour célébrer la grandeur militaire des soldats suisses, y compris le sacrifice héroïque des Tuileries le 10 août 1792 (lot 4405).
D’autres faits plus méconnus illustrent l’omniprésence des Suisses dans la grande géopolitique. Rappelons, en guise d’exemple, que dans le face-à-face des nations lors des guerres napoléoniennes, c’est un Suisse, Jomini (lot 4507), qui sauva la Grande Armée en découvrant le passage de la Bérézina, face aux armées du tsar Alexandre. Ce tsar qui confia un jour : «Tout ce que je suis, je le dois à un Suisse», en évoquant Frédéric-César de la Harpe (lot 51), son précepteur et conseiller lausannois.
Mais il en faut davantage pour que la Suisse marque l’humanité de son sceau à la croix blanche. Entrent alors en jeu la diplomatie, l’économie, les sciences, les lettres, avec des figures hors-normes comme les scientifiques Haller (lot 61) et Jean-André Deluc (lots 60, 4416), les financiers Necker (lots 74, 4327, 4365) et Gallatin, Secrétaire d’Etat au Trésor américain (lots 4385 à 4387), l’ingénieur Koechlin (lot 4388) qui travailla à la construction de la Tour Eiffel, les sages Pictet de Rochemont et Guisan (lot 66), les audacieux Audemars (lots 4380 à 4384), Nicollier (lot 4389), Piccard (lot 4390), etc. Piguet Hôtel des Ventes est très honoré d’avoir pu revaloriser, par un travail historique et scientifique, cette collection d'une rare diversité, riche en uniformes, armes anciennes, portraits, phaléristique, numismatique, livres anciens, beauxarts, où l’on retrouve les patronymes des plus glorieuses familles suisses: Affry, Besenval, Burckhardt, Crousaz, Diesbach, Fischer, Gélieu, Gingins, Griset de Forel, Haldimand, La Harpe, Marval, May, Meuron, Necker, Pfyffer, Pictet, Reding, Rigot de Begnins, Salis, Schumacher, Schulthess, Tronchin, Vasserot de Vincy, etc.