[10 AOUT 1792]. Lot de 4 documents en rapport avec le massacre des régiments suisses du 10 août 1792 dont un document manuscrit : 1) [CHEREAU, d'après]. Siege du chateau des Tuilleries par les braves sans culottes et les intrépides Marseillois le 10 aoust 1792. Paris, s.n., [ca. 1792]. Vue d'optique gravée réhaussée à l'aquarelle, 29 x 43 cm , sous encadrement. 2) Emouvant manuscrit décrivant les évènements survenus lors de la journée du 10 août 1792 signé par [David-François] Clerc de Motier, concierge au monument de Lucerne. [1821-1824]. 8 ff. in-4°, encre sur papier, signé. D.-F. Clerc de Motier (1762-1851), notaire puis sautier et caporal au régiment des Gardes Suisses, offre ici une vision personnelle et humble des évènements en rappelant dès les premières lignes la méfiance de l'opinion publique pour les rangs suisses: "Le Régiment des gardes suisses resta inébranlable, promesses et menaces rien ne pu les corrompre, ce qui fit que le peuple le voyoit de mauvais oeil et qu'il eut bien des épreuves à soutenir", la pression de l'extérieur va en croissant au rythme de la narration des évènements, et l'auteur les relate patiemment jusqu'au point de rupture : "Un moment avant l'attaque un garde françois de ceux qui en 1789 avoit quitté ses drapeaux, commandoit un bataillon de brigand, fit demander à parler au commandant des Suisses, Monsieur Durler, se presenta mais il repoussa avec mépris les propositions de ce garde français en sorte qu'un instant après les portes des bourgs furent enfoncées". Là commence alors les funestes affrontements et pertes dans les rangs suisses "les assaillants étant donc entrés en faisant des cris et des braillées comme des loups en furies; l'on cru d'abord leur parler raison mais l'on ne pouvoit s'entendre avec eux [...] à mesure que l'un d'eux tenoit un fusil d'un suisse que celui-ci ne laissa point le coup parti qui tua un suisse" Le témoignage devient plus personnel et poignant dans un second temps: "nous étions retranchés derrière la loge du portier, le coup aussi tot parti nous nous prèsentâmes faisant une décharge de nos cinq fusils qui firent grand effet. Je me lancoit la bayonnette en avant, [...] ce fut là que je fus blessé légèrement d'un coup de pique. Nous n'avions plus de cartouches nous avions brûler toutes celles de nos camarades tués ou blessés, nous entendîmes que l'on battoiz l'assemblée dans les Jardins, nous y courûmes." En fin de lettre l'auteur explique comment il a pu s'extraire de ce désastre : "il pu s'échapper [du Château] avec le suisse de Madame de Lambal qui lui fournit des vêtements pour se travestir." 3) PFYFFER D'ALTISHOFEN (Charles). Récit de la conduite du régiment des gardes Suisses à la journée du 10 Août 1792. Genève, Abraham Cherbuliez, 1824. In-4° relié demi-veau blond, dos à nerfs orné et doré (Reliure de l'époque). Bien complet de son illustration qui se compose d'un portrait de David Clerc replié en frontispice, un titre gravé, le fac-similé replié de l'ordre du roi au capitaine de Dürler, la vue du monument de Lucerne, le titre illustré pour le Poète qui descend des Alpes et enfin le Procès-verbal replié, le tout lithographié. Seconde édition de cette parution vendue au profit des rescapés du massacre survenu le 10 août 1792. On joint l'édition originale de ce texte de 1819 parue à Lucerne (état moyen, brochage fatigué) 4) Congé militaire pour Joseph Burlyman du régiment de Lullin de Châteauvieux, délivré pour mutinerie et rebellion en date du 3 septembre 1792. Etonnant document dans sa structure : émis par la République, il figure toujours le bon imprimé ainsi que le cachet aux armes de France pour visé ce document. Seule la mention rayée de 'général des armées du Roy' apporte une modification aux titres et à la structure de l'imprimé
[10 AOUT 1792]. Lot de 4 documents en rapport avec le massacre des régiments suisses du 10 août 1792 dont un document manuscrit :
1) [CHEREAU, d'après]. Siege du chateau des Tuilleries par les braves sans culottes et les intrépides Marseillois le 10 aoust 1792. Paris, s.n., [ca. 1792]. Vue d'optique gravée réhaussée à l'aquarelle, 29 x 43 cm , sous encadrement.
2) Emouvant manuscrit décrivant les évènements survenus lors de la journée du 10 août 1792 signé par [David-François] Clerc de Motier, concierge au monument de Lucerne. [1821-1824]. 8 ff. in-4°, encre sur papier, signé.
D.-F. Clerc de Motier (1762-1851), notaire puis sautier et caporal au régiment des Gardes Suisses, offre ici une vision personnelle et humble des évènements en rappelant dès les premières lignes la méfiance de l'opinion publique pour les rangs suisses: "Le Régiment des gardes suisses resta inébranlable, promesses et menaces rien ne pu les corrompre, ce qui fit que le peuple le voyoit de mauvais oeil et qu'il eut bien des épreuves à soutenir", la pression de l'extérieur va en croissant au rythme de la narration des évènements, et l'auteur les relate patiemment jusqu'au point de rupture : "Un moment avant l'attaque un garde françois de ceux qui en 1789 avoit quitté ses drapeaux, commandoit un bataillon de brigand, fit demander à parler au commandant des Suisses, Monsieur Durler, se presenta mais il repoussa avec mépris les propositions de ce garde français en sorte qu'un instant après les portes des bourgs furent enfoncées". Là commence alors les funestes affrontements et pertes dans les rangs suisses "les assaillants étant donc entrés en faisant des cris et des braillées comme des loups en furies; l'on cru d'abord leur parler raison mais l'on ne pouvoit s'entendre avec eux [...] à mesure que l'un d'eux tenoit un fusil d'un suisse que celui-ci ne laissa point le coup parti qui tua un suisse"
Le témoignage devient plus personnel et poignant dans un second temps: "nous étions retranchés derrière la loge du portier, le coup aussi tot parti nous nous prèsentâmes faisant une décharge de nos cinq fusils qui firent grand effet. Je me lancoit la bayonnette en avant, [...] ce fut là que je fus blessé légèrement d'un coup de pique. Nous n'avions plus de cartouches nous avions brûler toutes celles de nos camarades tués ou blessés, nous entendîmes que l'on battoiz l'assemblée dans les Jardins, nous y courûmes."
En fin de lettre l'auteur explique comment il a pu s'extraire de ce désastre : "il pu s'échapper [du Château] avec le suisse de Madame de Lambal qui lui fournit des vêtements pour se travestir."
3) PFYFFER D'ALTISHOFEN (Charles). Récit de la conduite du régiment des gardes Suisses à la journée du 10 Août 1792. Genève, Abraham Cherbuliez, 1824. In-4° relié demi-veau blond, dos à nerfs orné et doré (Reliure de l'époque). Bien complet de son illustration qui se compose d'un portrait de David Clerc replié en frontispice, un titre gravé, le fac-similé replié de l'ordre du roi au capitaine de Dürler, la vue du monument de Lucerne, le titre illustré pour le Poète qui descend des Alpes et enfin le Procès-verbal replié, le tout lithographié.
Seconde édition de cette parution vendue au profit des rescapés du massacre survenu le 10 août 1792.
On joint l'édition originale de ce texte de 1819 parue à Lucerne (état moyen,
brochage fatigué)
4) Congé militaire pour Joseph Burlyman du régiment de Lullin de Châteauvieux, délivré pour mutinerie et rebellion en date du 3 septembre 1792.
Etonnant document dans sa structure : émis par la République, il figure toujours le bon imprimé ainsi que le cachet aux armes de France pour visé ce document. Seule la mention rayée de 'général des armées du Roy' apporte une modification aux titres et à la structure de l'imprimé
FONDATION DES SUISSES DANS LE MONDE
La Fondation des Suisses dans le monde, hébergée depuis de nombreuses années dans le lieu historique du château de Penthes après celui de Coppet, a prouvé au monde entier que l’apport de la Suisse à la marche de l’Histoire était inversement proportionnel à sa taille géographique. Cette initiative unique, née de la conjugaison de la passion de Jean-René Bory (1928-2009) et de l’enthousiasme de nombreux donateurs pour mettre en lumière les grands destins de leurs aïeux, était un exemple du genre. Son but: «faire connaître le plus largement possible l’histoire des Suisses qui, dans le monde, ont exercé une influence significative sur la civilisation de leur temps», tant d’un point de vue militaire que dans les domaines scientifiques, culturels et économiques.
Ainsi les salles Diesbach-Watt, Stuppa, Le Fort, d’Affry, de Reding et Meuron présentaient les acteurs de la politique d’alliance de la Confédération suisse qui, après avoir prêté serment à la «Nation Suisse», combattaient au service des Puissances alliées et au sein des Régiments suisses, des Gardes Suisses et des Cent-Suisses. Les fringants uniformes rouges (lots 36, 37, 39, 4097 à 4101, 4122 à 4125,…), les armes étincelantes aux lames en acier bleuies et or (lots 38, 4106, 4107), les fleurs de lys (lot 4113) les aigles (lot 4091) ou les lions (Lot 4131), tout était convoqué pour célébrer la grandeur militaire des soldats suisses, y compris le sacrifice héroïque des Tuileries le 10 août 1792 (lot 4405).
D’autres faits plus méconnus illustrent l’omniprésence des Suisses dans la grande géopolitique. Rappelons, en guise d’exemple, que dans le face-à-face des nations lors des guerres napoléoniennes, c’est un Suisse, Jomini (lot 4507), qui sauva la Grande Armée en découvrant le passage de la Bérézina, face aux armées du tsar Alexandre. Ce tsar qui confia un jour : «Tout ce que je suis, je le dois à un Suisse», en évoquant Frédéric-César de la Harpe (lot 51), son précepteur et conseiller lausannois.
Mais il en faut davantage pour que la Suisse marque l’humanité de son sceau à la croix blanche. Entrent alors en jeu la diplomatie, l’économie, les sciences, les lettres, avec des figures hors-normes comme les scientifiques Haller (lot 61) et Jean-André Deluc (lots 60, 4416), les financiers Necker (lots 74, 4327, 4365) et Gallatin, Secrétaire d’Etat au Trésor américain (lots 4385 à 4387), l’ingénieur Koechlin (lot 4388) qui travailla à la construction de la Tour Eiffel, les sages Pictet de Rochemont et Guisan (lot 66), les audacieux Audemars (lots 4380 à 4384), Nicollier (lot 4389), Piccard (lot 4390), etc. Piguet Hôtel des Ventes est très honoré d’avoir pu revaloriser, par un travail historique et scientifique, cette collection d'une rare diversité, riche en uniformes, armes anciennes, portraits, phaléristique, numismatique, livres anciens, beauxarts, où l’on retrouve les patronymes des plus glorieuses familles suisses: Affry, Besenval, Burckhardt, Crousaz, Diesbach, Fischer, Gélieu, Gingins, Griset de Forel, Haldimand, La Harpe, Marval, May, Meuron, Necker, Pfyffer, Pictet, Reding, Rigot de Begnins, Salis, Schumacher, Schulthess, Tronchin, Vasserot de Vincy, etc.