VX - Mercredi 15 Mars, 19h

Jean Étienne Liotard (1702-1789), Portrait de Madame d'Epinay, 1751-1752, pastel sur papier, 48,5x38 cm  Bibliographie: Ruth Plaut-Weinreb, Eagle in a gauze cage: Louise d'Epinay femme de lettres, ed. AMS Press, New York, 1993, fig. 1, ill.; Ruth Plaut-Weinreb, Double vision : Jean-Etienne Liotard’s portraits of Louise d’Epinay, in The Past as Prologue, Essays to celebrate the twenty-fifth anniversary of ASECS, ed. by Carla H. Hay with  Syndy M. Conger, publ. for the American society for eighteenth-century studies, 1995, p. 391, ill.; Neil Jeffares, Dictionary of pastellists before 1800, Unicorn Press, Londres, 2006, p. 345

Provenance: Comte de Ségur (Collection Château de Méry-sur-Oise ayant appartenu à Caroline Lalive de La Briche, nièce de Mme d'Epinay); Vente Palais Galliera, Paris, 11 mars 1975, no. 4 (acheté selon la tradition familiale par le grand-père du propriétaire actuel); Famille d'Epinay, puis resté dans la famille jusqu'à ce jour On peut conclure que l'œuvre est restée propriété de la famille depuis le XVIIIe s. Exposition:  Madame d’Épinay: 1726–1783, une femme au siècle des Lumières, Épinay-sur-Seine, hôtel de Ville, 1983, 19.xi.–4.xii.1983, cat. Pierre-Marie Tyl, no. 68 Nous remercions Madame Renée Loche pour son aide dans la rédaction de cette notice   Note: Ce pastel doit avoir été exécuté lors du séjour de l’artiste à Paris entre 1751-1752 et non pas à Genève comme le suggère Ruth Plaut-Weinreb
Cette œuvre du célèbre pastelliste genevois Jean Etienne Liotard est le portrait de Madame Louise La Live d’Epinay (1726-1783). Resté dans la famille depuis sa création au XVIIIe s. et connu uniquement d’une médiocre photographie dans les archives, ce dessin a pu être attribué grâce à nos recherches et au concours de l’experte référente. Nous aurons le plaisir de proposer cette œuvre inédite aux enchères le 15 mars prochain.
Madame Louise La Live d’Epinay, née Pétronille de Tardieu d’Esclavelles en 1726 à Valenciennes, est une femme de lettres du XVIIIe siècle. Ecrivaine prolifique, qui laisse de surcroît derrière elle une abondante correspondance privée, elle fut en avance sur son temps et à l’origine de plusieurs salons littéraires.
Après un mariage peu heureux, 2 enfants et une vie au château de la Chevrette près d’Epinay-sur-Seine, elle obtient la séparation des biens pour cause d’adultère avec son époux et rejoint Paris en 1749. Elle y fréquente les salons littéraires et y rencontre Jean-Jacques Rousseau avec lequel elle entretient des échanges intellectuels dynamiques qui mènent à une estime réciproque. Rousseau écrira d’elle dans ses confessions : « Elle était aimable, avait de l’esprit, des talents ; c'était assurément une bonne connaissance à faire. […] madame d'Épinay, à qui la nature avait donné, avec un tempérament très exigeant, des qualités excellentes […]»1. Devenue bienfaitrice de Rousseau, elle fait construire pour lui l’Ermitage dans la vallée de Montmorency où l’écrivain commence la rédaction de La Nouvelle Héloïse. En 1757, Mme d’Epinay et Rousseau se brouillent et ce dernier quitte définitivement l’Ermitage. Au cours de la même année, elle part à Genève pour se faire soigner par le célèbre docteur Théodore Tronchin. C’est ainsi que Mme d’Epinay commande son portrait à Liotard pour le remercier de ses soins, portrait qui se trouve actuellement au Musée d’Art et d’Histoire de Genève : il s’agit d’un pastel célèbre, sur lequel on voit Madame d’Epinay, l’air espiègle, un doigt sur le menton, tenir négligemment un livre de l’autre main. Les ressemblances physiques entre notre portrait et celui du MAH ont permis de confirmer l’identité du personnage représenté.
Durant son séjour à Genève, Madame d’Epinay côtoie la haute société culturelle et sociale de la ville et fait apparaître notamment François Pierre Pictet (1728-1798) sous les traits de Moulineaux dans son conte en vers Le Cadran de l’amour 2 … A l’instar de Madame d’Epinay, Jean-Etienne Liotard évolue à la même période dans les mêmes cercles. Ainsi, on pourrait supposer que notre pastel a été exécuté durant cette période, à savoir entre 1757 et 1759. Toutefois, quelques années auparavant, l’artiste effectue également de nombreux séjours à Paris. Il est donc fort probable, au vu du jeune visage représenté, que le célèbre portraitiste genevois ait rencontré Madame d’Epinay à cette période et l’ait dessiné à Paris vers 1751-1752.
1Jean Jacques Rousseau, Confessions, Charpentier, Paris, 1862, p. 336
2 Archives de la famille Pictet en ligne, https://www.archivesfamillepictet.ch, consulté le 13 février 2023

Lot 40
Estimation
CHF 15 000 - 25,000
ADJUGÉ(HORS FRAIS)
CHF 16 000

DESCRIPTIF

Jean Étienne Liotard (1702-1789), Portrait de Madame d'Epinay, 1751-1752, pastel sur papier, 48,5x38 cm 

Bibliographie: Ruth Plaut-Weinreb, Eagle in a gauze cage: Louise d'Epinay femme de lettres, ed. AMS Press, New York, 1993, fig. 1, ill.; Ruth Plaut-Weinreb, Double vision : Jean-Etienne Liotard’s portraits of Louise d’Epinay, in The Past as Prologue, Essays to celebrate the twenty-fifth anniversary of ASECS, ed. by Carla H. Hay with  Syndy M. Conger, publ. for the American society for eighteenth-century studies, 1995, p. 391, ill.; Neil Jeffares, Dictionary of pastellists before 1800, Unicorn Press, Londres, 2006, p. 345


Provenance: Comte de Ségur (Collection Château de Méry-sur-Oise ayant appartenu à Caroline Lalive de La Briche, nièce de Mme d'Epinay); Vente Palais Galliera, Paris, 11 mars 1975, no. 4 (acheté selon la tradition familiale par le grand-père du propriétaire actuel); Famille d'Epinay, puis resté dans la famille jusqu'à ce jour

On peut conclure que l'œuvre est restée propriété de la famille depuis le XVIIIe s.

Exposition:  Madame d’Épinay: 1726–1783, une femme au siècle des Lumières, Épinay-sur-Seine, hôtel de Ville, 1983, 19.xi.–4.xii.1983, cat. Pierre-Marie Tyl, no. 68

Nous remercions Madame Renée Loche pour son aide dans la rédaction de cette notice  

Note: Ce pastel doit avoir été exécuté lors du séjour de l’artiste à Paris entre 1751-1752 et non pas à Genève comme le suggère Ruth Plaut-Weinreb

Cette œuvre du célèbre pastelliste genevois Jean Etienne Liotard est le portrait de Madame Louise La Live d’Epinay (1726-1783). Resté dans la famille depuis sa création au XVIIIe s. et connu uniquement d’une médiocre photographie dans les archives, ce dessin a pu être attribué grâce à nos recherches et au concours de l’experte référente. Nous aurons le plaisir de proposer cette œuvre inédite aux enchères le 15 mars prochain.

Madame Louise La Live d’Epinay, née Pétronille de Tardieu d’Esclavelles en 1726 à Valenciennes, est une femme de lettres du XVIIIe siècle. Ecrivaine prolifique, qui laisse de surcroît derrière elle une abondante correspondance privée, elle fut en avance sur son temps et à l’origine de plusieurs salons littéraires.

Après un mariage peu heureux, 2 enfants et une vie au château de la Chevrette près d’Epinay-sur-Seine, elle obtient la séparation des biens pour cause d’adultère avec son époux et rejoint Paris en 1749. Elle y fréquente les salons littéraires et y rencontre Jean-Jacques Rousseau avec lequel elle entretient des échanges intellectuels dynamiques qui mènent à une estime réciproque. Rousseau écrira d’elle dans ses confessions : « Elle était aimable, avait de l’esprit, des talents ; c'était assurément une bonne connaissance à faire. […] madame d'Épinay, à qui la nature avait donné, avec un tempérament très exigeant, des qualités excellentes […]»1. Devenue bienfaitrice de Rousseau, elle fait construire pour lui l’Ermitage dans la vallée de Montmorency où l’écrivain commence la rédaction de La Nouvelle Héloïse. En 1757, Mme d’Epinay et Rousseau se brouillent et ce dernier quitte définitivement l’Ermitage. Au cours de la même année, elle part à Genève pour se faire soigner par le célèbre docteur Théodore Tronchin. C’est ainsi que Mme d’Epinay commande son portrait à Liotard pour le remercier de ses soins, portrait qui se trouve actuellement au Musée d’Art et d’Histoire de Genève : il s’agit d’un pastel célèbre, sur lequel on voit Madame d’Epinay, l’air espiègle, un doigt sur le menton, tenir négligemment un livre de l’autre main. Les ressemblances physiques entre notre portrait et celui du MAH ont permis de confirmer l’identité du personnage représenté.

Durant son séjour à Genève, Madame d’Epinay côtoie la haute société culturelle et sociale de la ville et fait apparaître notamment François Pierre Pictet (1728-1798) sous les traits de Moulineaux dans son conte en vers Le Cadran de l’amour 2 … A l’instar de Madame d’Epinay, Jean-Etienne Liotard évolue à la même période dans les mêmes cercles. Ainsi, on pourrait supposer que notre pastel a été exécuté durant cette période, à savoir entre 1757 et 1759. Toutefois, quelques années auparavant, l’artiste effectue également de nombreux séjours à Paris. Il est donc fort probable, au vu du jeune visage représenté, que le célèbre portraitiste genevois ait rencontré Madame d’Epinay à cette période et l’ait dessiné à Paris vers 1751-1752.

1Jean Jacques Rousseau, Confessions, Charpentier, Paris, 1862, p. 336
2 Archives de la famille Pictet en ligne, https://www.archivesfamillepictet.ch, consulté le 13 février 2023

Complément d’informations
icone

Jean Etienne Liotard

Cette œuvre du célèbre pastelliste genevois Jean Etienne Liotard est le portrait de Madame Louise La Live d’Epinay (1726-1783). Resté dans la famille depuis sa création au XVIIIe s. et connu uniquement d’une médiocre photographie dans les archives, ce dessin a pu être attribué grâce à nos recherches et au concours de l’experte référente. Nous aurons le plaisir de proposer cette œuvre inédite aux enchères le 15 mars prochain.

Madame Louise La Live d’Epinay, née Pétronille de Tardieu d’Esclavelles en 1726 à Valenciennes, est une femme de lettres du XVIIIe siècle. Ecrivaine prolifique, qui laisse de surcroît derrière elle une abondante correspondance privée, elle fut en avance sur son temps et à l’origine de plusieurs salons littéraires.

Après un mariage peu heureux, 2 enfants et une vie au château de la Chevrette près d’Epinay-sur-Seine, elle obtient la séparation des biens pour cause d’adultère avec son époux et rejoint Paris en 1749. Elle y fréquente les salons littéraires et y rencontre Jean-Jacques Rousseau avec lequel elle entretient des échanges intellectuels dynamiques qui mènent à une estime réciproque. Rousseau écrira d’elle dans ses confessions : « Elle était aimable, avait de l’esprit, des talents ; c'était assurément une bonne connaissance à faire. […] madame d'Épinay, à qui la nature avait donné, avec un tempérament très exigeant, des qualités excellentes […]»1. Devenue bienfaitrice de Rousseau, elle fait construire pour lui l’Ermitage dans la vallée de Montmorency où l’écrivain commence la rédaction de La Nouvelle Héloïse. En 1757, Mme d’Epinay et Rousseau se brouillent et ce dernier quitte définitivement l’Ermitage. Au cours de la même année, elle part à Genève pour se faire soigner par le célèbre docteur Théodore Tronchin. C’est ainsi que Mme d’Epinay commande son portrait à Liotard pour le remercier de ses soins, portrait qui se trouve actuellement au Musée d’Art et d’Histoire de Genève : il s’agit d’un pastel célèbre, sur lequel on voit Madame d’Epinay, l’air espiègle, un doigt sur le menton, tenir négligemment un livre de l’autre main. Les ressemblances physiques entre notre portrait et celui du MAH a permis de confirmer l’identité du personnage représenté.

Durant son séjour à Genève, Madame d’Epinay côtoie la haute société culturelle et sociale de la ville et fait apparaître notamment François Pierre Pictet (1728-1798) sous les traits de Moulineaux dans son conte en vers Le Cadran de l’amour 2 … A l’instar de Madame d’Epinay, Jean-Etienne Liotard évolue à la même période dans les mêmes cercles. Ainsi, on pourrait supposer que notre pastel a été exécuté durant cette période, à savoir entre 1757 et 1759. Toutefois, quelques années auparavant, l’artiste effectue également de nombreux séjours à Paris. Il est donc fort probable, au vu du jeune visage représenté, que le célèbre portraitiste genevois ait rencontré Madame d’Epinay à cette période et l’ait dessiné à Paris vers 1751-1752.

1Jean Jacques Rousseau, Confessions, Charpentier, Paris, 1862, p. 336

2 Archives de la famille Pictet en ligne, https://www.archivesfamillepictet.ch, consulté le 13 février 2023

Abonnez-vous à notre Newsletter
© HDV - PIGUET Hôtel des Ventes SA - All rights reserved - 2026 -  By Eight-id