Christo (1935-2020), "Le Jet d'eau Wrapped", technique mixte, crayon de graphite, textile, ficelle et pastel gras sur carton, signée et datée 1974, 56x71 cm Inclusion dans le catalogue raisonné en préparation par la Galerie Daniel Varenne en 2008, no. 6529 Note: Il existe trois études pour le projet du jet d'eau, l'une au MAMCO, l'une avec une localisation inconnue et celle présentée ici Provenance: Collection privée bernoise; Vente Christie's, Londres, 2008; Collection privée genevoise Au verso: Dédicace "For Victor [L., Berne]" signée, située "New York" et datée "March 30, 1977" Christo né en Bulgarie, fuit en 1956 le régime communiste pour se réfugier à l’Ouest. Il est accueilli à Genève par des compatriotes, réfugiés politiques bulgares et amis de la famille. Ce n’est qu’en 1975, que le Musée Rath accueille une exposition liée au projet de Christo dans le Colorado, le Valley Curtain (rideau de la vallée). A l’occasion de cette exposition, le commissaire d’exposition Rainer Michael Mason, suggère à l’artiste de proposer un projet à Genève. Ainsi « Christo s’est proposé d’emballer quelques-uns des thèmes les plus « genevois » de la cité »[1], c’est-à-dire qu'il souhaitait envelopper de toile la statue du général Dufour, le Mur des Réformateurs ou le Jet d’eau. La polémique se fait vive autour des deux symboles que sont le général Dufour et le Mur des Réformateurs et notamment pour le second qui « représentait un tabou insurmontable »[2] à l’époque selon le galeriste Jacques Benador. Concernant le Jet d’eau, les réticences sont semblables mais avec l’argument technique supplémentaire de la puissance de la propulsion de l’eau (200 km/heure) qui enterre définitivement le projet. Bien que l’artiste soit habitué des longues tractations avec les autorités (26 ans pour l’acceptation du projet du Reichstag à Berlin), il semble que dans le cas de Genève la grande méfiance dès le départ ait enterré très rapidement les trois projets. On peut apprécier le climat de l’époque à travers cette critique dans le journal : « On criait au scandale, on riait du vandale, lorsque Christo, sous prétexte d’art et de modernité, emballait dans des feuilles de plastique des kilomètres de rochers sur la côte des Etats-Unis. »[3]. Il existe trois projets pour le Jet d’eau dessiné par Christo. L’un se trouve au MAMCO, un autre dans une collection privée et le dernier que nous présentons ici.
[1] Alicia Penalba, La nécessité d’un ordre interne, Galerie Benador, in Le Journal de Genève, 4 juin 1975, p. 12
[2] VéroniqueZbinden, Lestribulations d'un réfugié bulgare à Genève, in Le Temps en ligne, 28 novembre 1998 à01:00
[3]M.C., A l’horizon : Débordement, inLe Journal de Genève, 23 mars 1976
Christo (1935-2020), "Le Jet d'eau Wrapped", technique mixte, crayon de graphite, textile, ficelle et pastel gras sur carton, signée et datée 1974, 56x71 cm
Inclusion dans le catalogue raisonné en préparation par la Galerie Daniel Varenne en 2008, no. 6529
Note: Il existe trois études pour le projet du jet d'eau, l'une au MAMCO, l'une avec une localisation inconnue et celle présentée ici
Provenance: Collection privée bernoise; Vente Christie's, Londres, 2008; Collection privée genevoise
Au verso: Dédicace "For Victor [L., Berne]" signée, située "New York" et datée "March 30, 1977"
Christo né en Bulgarie, fuit en 1956 le régime communiste pour se réfugier à l’Ouest. Il est accueilli à Genève par des compatriotes, réfugiés politiques bulgares et amis de la famille. Ce n’est qu’en 1975, que le Musée Rath accueille une exposition liée au projet de Christo dans le Colorado, le Valley Curtain (rideau de la vallée). A l’occasion de cette exposition, le commissaire d’exposition Rainer Michael Mason, suggère à l’artiste de proposer un projet à Genève. Ainsi « Christo s’est proposé d’emballer quelques-uns des thèmes les plus « genevois » de la cité »[1], c’est-à-dire qu'il souhaitait envelopper de toile la statue du général Dufour, le Mur des Réformateurs ou le Jet d’eau. La polémique se fait vive autour des deux symboles que sont le général Dufour et le Mur des Réformateurs et notamment pour le second qui « représentait un tabou insurmontable »[2] à l’époque selon le galeriste Jacques Benador. Concernant le Jet d’eau, les réticences sont semblables mais avec l’argument technique supplémentaire de la puissance de la propulsion de l’eau (200 km/heure) qui enterre définitivement le projet. Bien que l’artiste soit habitué des longues tractations avec les autorités (26 ans pour l’acceptation du projet du Reichstag à Berlin), il semble que dans le cas de Genève la grande méfiance dès le départ ait enterré très rapidement les trois projets. On peut apprécier le climat de l’époque à travers cette critique dans le journal : « On criait au scandale, on riait du vandale, lorsque Christo, sous prétexte d’art et de modernité, emballait dans des feuilles de plastique des kilomètres de rochers sur la côte des Etats-Unis. »[3]. Il existe trois projets pour le Jet d’eau dessiné par Christo. L’un se trouve au MAMCO, un autre dans une collection privée et le dernier que nous présentons ici.
[1] Alicia Penalba, La nécessité d’un ordre
interne, Galerie Benador, in Le Journal de Genève, 4 juin 1975, p.
12
[2] VéroniqueZbinden, Lestribulations d'un réfugié bulgare à Genève, in Le Temps en ligne, 28 novembre 1998 à01:00
[3]M.C., A l’horizon : Débordement, inLe Journal de Genève, 23 mars 1976
L'œuvre semble être dans son état d'origine. Nous n'avons pas décelé des traces de restaurations
Le support est légèrement bombé
Légère ondulation naturelle du papier qui semble indiquer qu'il n'est pas contrecollé dans son intégralité
Oxydation de l'ensemble (oxydation normal liée au temps avec traces de jaunissement au niveau de la colle autour du Jet d'eau et des tâches d'oxydation brunâtres dans le ciel et les bordures)