Alonso Sanchez-Coello (c.1531-c.1590), attr. à, Portrait présumé de l'infante Isabella Clara Eugenia d'Espagne, huile sur toile, 44x34 cm Ancien certificat du Dr. Paul Wescher, non daté, comme œuvre autographe du Maître. Provenance: Lucien Baszanger, Genève, acquis le 5 juillet 1943 par Xavier Givaudan, puis par descendance jusqu'à ce jour
Alonso Sanchez-Coello (c.1531-c.1590), attr. à, Portrait présumé de l'infante Isabella Clara Eugenia d'Espagne, huile sur toile, 44x34 cm
Ancien certificat du Dr. Paul Wescher, non daté, comme œuvre autographe du Maître.
Provenance: Lucien Baszanger, Genève, acquis le 5 juillet 1943 par Xavier Givaudan, puis par descendance jusqu'à ce jour
Bon état général
Le support:
Toile de lin artisanale, tissage irrégulier
La toile d'origine a été transposée. Toutefois cette intervention ne semble pas lié à un dommage majeur car aucune déchirure importante n'a été décelée
Pas de dommage majeur visible, bonne planéité, bonne adhésion du rentoilage et bonne tension sur le châssis
La couche picturale:
Couche de préparation brun/rouge
Bonne adhésion générale de la stratigraphie
Présence d'un réseau de craquelure moyennement marqué avec notamment une craquelure en escargot entre les 2 yeux
Présence d'une lacune de couche picturale d'environ 1 cm en haut de la chevelure à gauche
Usures sur les bordures liées à l'encadrement
Présence de petites lacunes éparses retouchées sur le visage (une dizaine, d'un diamètre inf à 1 mm- mineur) et quelques petites retouches éparses sur l'ensemble, le tout étant inférieur à 1% de l'oeuvre don tune plus importante le long de la bordure gauche sur 3 cm environ
La couche superficielle:
L'oeuvre a probablement été nettoyée lors de la restauration. Toutefois cette intervention n'a pas causé de dommages majeurs. La couche picturale reste bien préservée. Ce vernis ancien est encore présent par endroits sous forme de "chancis" (blanchiment et opacification de la couche lié à une micro-fissuration) notamment au niveau de la chevelure, légèrement sur la robe et les fonds
Présence de griffures superficielles touchant la couche de vernis particulièrement au niveau du visage
Présence d'une couche de vernis de restauration, homogène et satinée
Léger encrassement
Collection Givaudan
Originaire de Lyon, Xavier (1867-
Très vite, ils excellent dans la production de parfums de synthèse, de produits chimiques et de savon et font fortune à l'aube du XXe siècle.
Xavier Givaudan commence ses études à la célèbre école de la Martinière à Lyon qu’il fréquente avec les frères Lumière puis obtient son diplôme de pharmacien. Dès 1891, il crée une société à Lyon, qui prendra plus tard le nom de Givaudan-Lavirotte & Cie, consacrée à la fabrication de produits chimiques et pharmaceutiques. Son frère Léon, étudiant à l’Ecole Polytechnique de Zurich, effectue des recherches sur les huiles essentielles et les parfums synthétiques.
Très unis, les deux frères louent un grand terrain à la ville de Genève au bord du Rhône, à Vernier, à la fin du XIXe siècle. Ils y montent une usine de production et fondent la Société Léon Givaudan et Compagnie qui se fait rapidement connaître des parfumeurs. Appelé sous les drapeaux en 1914, Léon fait venir son frère Xavier de Lyon pour prendre la direction de l'entreprise de Vernier et y développer les affaires familiales. Ce dernier se fixe définitivement à Genève en 1917 où il achète un hôtel particulier à l'angle de la rue de la Cloche et du quai du Mont-Blanc. En 1938, il acquiert à la famille Tronchin, le domaine de Bessinge avec son contenu, propriété de 50 hectares situé à l'emplacement de l'actuel golf de Cologny.
Après la guerre, Léon s’installe à Paris et le succès de la maison Givaudan va s’étendre largement au-delà des frontières francosuisses: les succursales fleurissent en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Espagne, aux Etats-Unis, au Brésil...
Entrepreneurs érudits, les deux frères sont de fins connaisseurs de l’art du XVIIIe siècle français. Leur fortune leur permet de rassembler des pièces d’exception, souvent par l’intermédiaire de grands marchands qui les conseillent et les aiguillent dans leurs choix. Ainsi, par exemple, Jacques Seligmann & Fils à Paris, qui comptait parmi Camondo, le baron Edmond de Rothschild, ou encore Henry Frick, fait acquérir à Xavier une magnifique paire de candélabres attribuée à Rémond (lot 591) et conseille les deux frères pour des achats de tableaux, notamment ceux de Hubert Robert (lots 803 et 804) à la galerie Charpentier... En témoignent les factures de Seligmann et les notes conservées dans les archives familiales.
Xavier décède en 1966, il lègue alors sa fabuleuse collection de tabatières en or serties d’émaux et de pierres précieuses du XVIIIe siècle au musée d’Art et d’Histoire de Genève et reçoit la même année, la médaille Genève reconnaissante en remerciement de toutes ses actions philanthropiques effectuées dans le canton.
Tous les lots marqués en bleu dans ce catalogue proviennent des collections de Xavier et Léon Givaudan, (le premier ayant hérité d'une partie des biens de son jeune frère mort en 1936), puis par héritage jusqu'aux propriétaires actuels.
Une sélection de sa bibliothèque du XVIIIe siècle sera mise en vente lors de notre prochaine vacation de livres anciens en juin 2017.
Les archives de la famille fournissent de nombreuses notes et factures offrant une traçabilité des objets s’étendant parfois sur près de deux siècles et établissent la provenance tout à fait exceptionnelle de la plupart des biens de cette collection. Ainsi, l'historique des sanguines de Hubert Robert (lots 803 et 804) se lit sans discontinuer depuis leur héritage par la veuve de l'artiste jusqu'à nos jours. De même, nous avons pu retracer toute l’histoire du tableau de Boilly (lot 793) depuis 1818 - soit moins de 12 ans après sa création vers 1807 - jusqu’à aujourd’hui.
Tous les lots marqués en bleu dans le catalogue (et sa version pdf) proviennent des collections de Xavier et Léon Givaudan.
Cette notice historique accompagnée de photos se retrouve aux pages 104-105, 156 et 158 du catalogue papier (ansi que sur le e-catalogue ou PDF).