Hyacinthe Rigaud (1659-1743), atelier de, Portrait de Louis XIV en cuirasse, ca 1694-1699, huile sur toile, 91x73 cm Provenance: - collection Tronchin, château de Bessinge, Cologny (mentionné dans l'inventaire manuscrit de la succession d'Armand Tronchin, 15 juillet 1865, en tant qu’œuvre de Mignard, puis mentionné dans le livre de Jules Crosnier en 1908, en tant qu'oeuvre de Rigaud) - collection Xavier Givaudan (1867-1966), Bessinge, Genève, puis leurs héritiers Bibliographie : - Jules Crosnier, Bessinge, 1908, p. 39 - Stéphan Perreau, Hyacinthe Rigaud, Catalogue concis de l'oeuvre, 2013, pp. 111-112 - Arianne James-Sarazin, Hyacinthe Rigaud, 2016, vol. 1 , pp. 124-135, vol. 2, pp. 131-133 La famille Tronchin eut un rôle prépondérant durant plus de trois siècles à Genève. Le Conseiller François Tronchin (1704-1798), membre éminent du patriciat genevois, fit venir Voltaire à Genève. Il est avant tout célèbre aujourd’hui pour ses qualités de connaisseur d’art et d’expert en peinture qui était reconnues de Paris à Saint-Pétersbourg. Après la fameuse vente de sa collection à l’impératrice Catherine II de Russie en 1770, il consacre les 25 dernières années de sa vie à constituer une seconde collection de tableaux. Peu après sa mort, sa collection est vendue en 1801 par son neveu et légataire universel, Jean-Armand Tronchin. Ce dernier conserve toutefois trente tableaux sur les précieux avis de Prud’hon et Vivant-Denon. Par la suite, deux autres membres de la famille, Jacob Tronchin et le Procureur-général Jean Tronchin, conservent et augmentent la collection se trouvant exposée dans la galerie du château de Bessinge. Xavier Givaudan (1867-1966), résidant en ville de Genève dans un hôtel particulier à la rue de la cloche depuis 1914, achète cette propriété "à la campagne" et son contenu en 1938, après l'avoir louée durant quatre ans. Cette dernière, composée d'un domaine de plus de 50 hectares, se situait sur les communes de Vandoeuvre et de Cologny, allant autrefois jusqu'au lac (devenu par la suite l'actuel golf de Cologny). Peu après sa mort, les héritiers vendent le domaine tout en gardant une grande partie du contenu, dont ce tableau. Le Portrait de Louis XIV en cuirasse est l’une des œuvres composant la galerie de tableaux de la propriété de Bessinge. Exécutée par l’atelier de Rigaud, l’œuvre est une réduction d’un portrait perdu datant de 1694 et ayant connu un grand succès (une cinquantaine de copies en sont mentionnées dans le livre de compte de Rigaud entre 1694 et 1699) dont une version proche de l'original est conservée au Château de Chenonceau dans le salon Louis XIV. Notre tableau est très proche de la version (en format ovale) de Copenhague. L’œuvre restée dans les collections de la famille Tronchin a été conservée jusqu'à ce jour par les héritiers de la famille Givaudan. Nous remercions M. Stéphan Perreau pour les précieuses précisions apportées à cette notice.
Hyacinthe Rigaud (1659-1743), atelier de, Portrait de Louis XIV en cuirasse, ca 1694-1699, huile sur toile, 91x73 cm
Provenance:
- collection Tronchin, château de Bessinge, Cologny (mentionné dans l'inventaire manuscrit de la succession d'Armand Tronchin, 15 juillet 1865, en tant qu’œuvre de Mignard, puis mentionné dans le livre de Jules Crosnier en 1908, en tant qu'oeuvre de Rigaud)
- collection Xavier Givaudan (1867-1966), Bessinge, Genève, puis leurs héritiers
Bibliographie :
- Jules Crosnier, Bessinge, 1908, p. 39
- Stéphan Perreau, Hyacinthe Rigaud, Catalogue concis de l'oeuvre, 2013, pp. 111-112
- Arianne James-Sarazin, Hyacinthe Rigaud, 2016, vol. 1 , pp. 124-135, vol. 2, pp. 131-133
La
famille Tronchin eut un rôle prépondérant
durant plus de trois siècles à Genève. Le Conseiller François Tronchin (1704-1798), membre éminent du patriciat genevois, fit venir Voltaire à Genève. Il est avant tout célèbre aujourd’hui pour ses qualités de connaisseur d’art et d’expert en peinture qui
était reconnues de Paris à Saint-Pétersbourg. Après la fameuse vente de sa
collection à l’impératrice Catherine II de Russie en 1770, il consacre les 25 dernières années de sa vie à constituer une seconde collection de tableaux. Peu
après sa mort, sa collection est vendue en 1801 par son neveu et légataire
universel, Jean-Armand Tronchin. Ce dernier conserve toutefois trente tableaux
sur les précieux avis de Prud’hon et Vivant-Denon. Par la suite, deux autres
membres de la famille, Jacob Tronchin et le Procureur-général Jean Tronchin, conservent et augmentent la collection se trouvant exposée dans la galerie du château de Bessinge.
Xavier Givaudan (1867-1966), résidant en ville de Genève dans un hôtel particulier à la rue de la cloche depuis 1914, achète cette propriété "à la campagne" et son contenu en 1938, après l'avoir louée durant quatre ans. Cette dernière, composée d'un domaine de plus de 50 hectares, se situait sur les communes de Vandoeuvre et de Cologny, allant autrefois jusqu'au lac (devenu par la suite l'actuel golf de Cologny). Peu après sa mort, les héritiers vendent le domaine tout en gardant une grande partie du contenu, dont ce tableau.
Le Portrait de Louis XIV en cuirasse est
l’une des œuvres composant la galerie de tableaux de la propriété de Bessinge. Exécutée par l’atelier de Rigaud, l’œuvre est une réduction d’un portrait perdu datant de 1694 et ayant connu un grand succès (une cinquantaine de copies en sont mentionnées dans le livre de compte de Rigaud entre 1694 et 1699) dont une version proche de l'original est conservée au Château de Chenonceau dans le salon Louis XIV. Notre tableau est très proche de la version (en format ovale) de Copenhague. L’œuvre restée dans les collections de la famille Tronchin a été conservée jusqu'à ce jour par les héritiers de la famille Givaudan.
Nous remercions M. Stéphan Perreau pour les précieuses précisions apportées à cette notice.
Bon à moyen état général.
Le support: La toile d'origine à été rentoilée (cire résine) et montée sur un châssis à clé biseauté avec traverse centrale.
Bonne adhésion du rentoilage et bonne planéité et tension de la toile sur le châssis. La toile d'origine ne présente cependant pas de déchirure majeure excepté une probable petite déchirure dans l'angle inférieur droit (intérieur du coude) sur environ 6 cm (voir photos).
La couche picturale : présence d'une couche de préparation brun-rouge bonne adhésion de la stratigraphie. La couche picturale d'origine est relativement bien conservée excepté quelques usures légères au niveau de la chevelure, de la cuirasse et de la manche.
Présence d'un réseau de craquelures d'âges fin discret sur l'ensemble mais légèrement visible au niveau du visage et de la chevelure.
Présence de plusieurs zones de retouches :
- Au niveau de la zone lacunaire lié à la déchirure probable mentionné partie support.
- La partie de la cuirasse inférieure et la bordure inférieur au centre possèdent de nombreuses petites lacunes qui ont été retouchées. Toutefois, ces dommages restent localisés et ne concerne pas les parties principales de l'oeuvre (voir photos).
- Petites retouches éparses mineures sur l'ensemble avec quelques rehauts notamment col et vêtements ( ne concernant pas les parties principales de l'oeuvre)
- bien que le fond semble être bien préservé et peu usé, on note la présence d'un "badigeon" assez transparent gris-vert sur l'ensemble (peu couvrant).
- Hormis le badigeon, les retouches restent peu importantes et ne concernent que 2% de l'oeuvre.
La couche superficielle:
Le vernis d'origine a été nettoyé toutefois quelques traces subsistent dans les anfractuosité de la couche picturale sous forme de petits tâches brunes et sous forme de chancis (blanchissement / opacité lié à une micro-fissuration) notamment dans les fonds/vêtements.
Présence d'une couche de vernis de restauration irrégulière, transparente et satiné.
Présence d'une couche d'encrassement atmosphérique avec de nombreuses petits tâches notamment sur la manche.
Collection Givaudan
Originaire de Lyon, Xavier (1867-
Très vite, ils excellent dans la production de parfums de synthèse, de produits chimiques et de savon et font fortune à l'aube du XXe siècle.
Xavier Givaudan commence ses études à la célèbre école de la Martinière à Lyon qu’il fréquente avec les frères Lumière puis obtient son diplôme de pharmacien. Dès 1891, il crée une société à Lyon, qui prendra plus tard le nom de Givaudan-Lavirotte & Cie, consacrée à la fabrication de produits chimiques et pharmaceutiques. Son frère Léon, étudiant à l’Ecole Polytechnique de Zurich, effectue des recherches sur les huiles essentielles et les parfums synthétiques.
Très unis, les deux frères louent un grand terrain à la ville de Genève au bord du Rhône, à Vernier, à la fin du XIXe siècle. Ils y montent une usine de production et fondent la Société Léon Givaudan et Compagnie qui se fait rapidement connaître des parfumeurs. Appelé sous les drapeaux en 1914, Léon fait venir son frère Xavier de Lyon pour prendre la direction de l'entreprise de Vernier et y développer les affaires familiales. Ce dernier se fixe définitivement à Genève en 1917 où il achète un hôtel particulier à l'angle de la rue de la Cloche et du quai du Mont-Blanc. En 1938, il acquiert à la famille Tronchin, le domaine de Bessinge avec son contenu, propriété de 50 hectares situé à l'emplacement de l'actuel golf de Cologny.
Après la guerre, Léon s’installe à Paris et le succès de la maison Givaudan va s’étendre largement au-delà des frontières francosuisses: les succursales fleurissent en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Espagne, aux Etats-Unis, au Brésil...
Entrepreneurs érudits, les deux frères sont de fins connaisseurs de l’art du XVIIIe siècle français. Leur fortune leur permet de rassembler des pièces d’exception, souvent par l’intermédiaire de grands marchands qui les conseillent et les aiguillent dans leurs choix. Ainsi, par exemple, Jacques Seligmann & Fils à Paris, qui comptait parmi Camondo, le baron Edmond de Rothschild, ou encore Henry Frick, fait acquérir à Xavier une magnifique paire de candélabres attribuée à Rémond (lot 591) et conseille les deux frères pour des achats de tableaux, notamment ceux de Hubert Robert (lots 803 et 804) à la galerie Charpentier... En témoignent les factures de Seligmann et les notes conservées dans les archives familiales.
Xavier décède en 1966, il lègue alors sa fabuleuse collection de tabatières en or serties d’émaux et de pierres précieuses du XVIIIe siècle au musée d’Art et d’Histoire de Genève et reçoit la même année, la médaille Genève reconnaissante en remerciement de toutes ses actions philanthropiques effectuées dans le canton.
Tous les lots marqués en bleu dans ce catalogue proviennent des collections de Xavier et Léon Givaudan, (le premier ayant hérité d'une partie des biens de son jeune frère mort en 1936), puis par héritage jusqu'aux propriétaires actuels.
Une sélection de sa bibliothèque du XVIIIe siècle sera mise en vente lors de notre prochaine vacation de livres anciens en juin 2017.
Les archives de la famille fournissent de nombreuses notes et factures offrant une traçabilité des objets s’étendant parfois sur près de deux siècles et établissent la provenance tout à fait exceptionnelle de la plupart des biens de cette collection. Ainsi, l'historique des sanguines de Hubert Robert (lots 803 et 804) se lit sans discontinuer depuis leur héritage par la veuve de l'artiste jusqu'à nos jours. De même, nous avons pu retracer toute l’histoire du tableau de Boilly (lot 793) depuis 1818 - soit moins de 12 ans après sa création vers 1807 - jusqu’à aujourd’hui.
Tous les lots marqués en bleu dans le catalogue (et sa version pdf) proviennent des collections de Xavier et Léon Givaudan.
Cette notice historique accompagnée de photos se retrouve aux pages 104-105, 156 et 158 du catalogue papier (ansi que sur le e-catalogue ou PDF).