Mattia Preti (1613-1699), Allégorie des cinq sens, huile sur toile, 174x250 cm
Bibliographie: J.T. Spike, Mattia Preti. Catalogo ragionato dei dipinti, Florence, 1999, p. 394, n. 404
Provenance: - Galerie Gismondi, Paris, 1986: - collection Henri-Ferdinand Lavanchy, Suisse, depuis 1986Nous sommes reconnaissants au prof. Riccardo Lattuada d’avoir confirmé l’attribution de cette oeuvre à Mattia Preti, après examen de visu de la peinture.
En1999, John T. Spike rapportait que “Cette importante composition a étéattribuée à Preti par Federico Zeri sur la base d’informations reçues de lagalerie [Gismondi] en 1986. La surface peinte semble inhabituellement lisse etlégère, et le tableau ne peut être jugé sur la base d’une photographie. Un inventairede la collection de Geronimo Ferdinando Alarcon de Mendoza, marquis della ValleSiciliana, Naples, 13 janvier 1703, liste quatre peintures de la main de Preti(probablement la série de Liverpool) et “unaltro di 7 x 9 istoriato li cinquesensi del corpo che viene dal Cavalier Mattia” (Labrot 1992, p. 223)”. Dansla fiche de la Fototeca Zeri est mentionnée l’existence d’une note autographede Federico Zeri, à la plume, au dos de la photographie en noir et blanc: “MattiaPreti / copy or shop”.
Letableau, réapparu à l’occasion de la présente vente, se confirme être uneoeuvre autographe de Mattia Preti, probablement exécutée pendant la cinquièmedécennie du XVIIe s., quand l’artiste calabrais commençait à distinguernettement sa propre recherche formelle de celle de son frère Gregorio. Pour laplus grande partie des figures, il est en effet possible de repérer desparallèles dans le répertoire des oeuvres de jeunesse de Mattia. Par exemple,le garçon qui hume le bouquet de fleurs (l’odorat) se base sur le même dessinutilisé pour le jeune chanteur du Concertà trois figures (ill. ci-contre, collection privée, à propos duquel, p. ex.A. D’Amico, in V. Sgarbi (a cura di), MattiaPreti, Soveria Mannelli, 2013, pp. 72-73, n. 10, avec bibliographie précédente).Les types physiques ainsi que la conception des autres figures sont récurrentsdans la production de jeunesse de Preti. Dans cette ambitieuse composition,Preti élabore un thème typique du caravagisme sous l’angle d’une auberged’extérieur – d’ailleurs déjà expérimenté dans des oeuvres de collaborationavec son frère Gregorio, comme celle conservée à l’Accademia Albertina de Turin– mais il montre ici une sensibilité déjà baroque par l’expansion en profondeurde l’espace figuratif, dans le refus de l’encombrement de la compositiontypique des interprétations caravagesques des Cinq Sens, et dans l’adoptiond’une matière picturale plus fine, étendue en touches plus rapides (pour lesdébuts de Mattia Preti dans l’atelier de son frère cf. Mattia Preti, un giovane nella Roma dopo Caravaggio, a cura di G.Leone, Soveria Mannelli, 2015).
Leformat et les dimensions de la toile incitent à retenir que celle-ci étaitdestinée à une galerie de tableaux, tel qu’indiqué indirectement aussi par lapossible provenance de la collection du marquis Alarcon de Mendoza.
Mattia Preti (1613-1699), Allégorie des cinq sens, huile sur toile, 174x250 cm
Bibliographie: J.T. Spike, Mattia
Preti. Catalogo ragionato dei dipinti, Florence, 1999, p. 394, n. 404
Nous
sommes reconnaissants au prof. Riccardo Lattuada d’avoir confirmé l’attribution
de cette oeuvre à Mattia Preti, après examen de visu de la peinture.
En1999, John T. Spike rapportait que “Cette importante composition a étéattribuée à Preti par Federico Zeri sur la base d’informations reçues de lagalerie [Gismondi] en 1986. La surface peinte semble inhabituellement lisse etlégère, et le tableau ne peut être jugé sur la base d’une photographie. Un inventairede la collection de Geronimo Ferdinando Alarcon de Mendoza, marquis della ValleSiciliana, Naples, 13 janvier 1703, liste quatre peintures de la main de Preti(probablement la série de Liverpool) et “unaltro di 7 x 9 istoriato li cinquesensi del corpo che viene dal Cavalier Mattia” (Labrot 1992, p. 223)”. Dansla fiche de la Fototeca Zeri est mentionnée l’existence d’une note autographede Federico Zeri, à la plume, au dos de la photographie en noir et blanc: “MattiaPreti / copy or shop”.
Letableau, réapparu à l’occasion de la présente vente, se confirme être uneoeuvre autographe de Mattia Preti, probablement exécutée pendant la cinquièmedécennie du XVIIe s., quand l’artiste calabrais commençait à distinguernettement sa propre recherche formelle de celle de son frère Gregorio. Pour laplus grande partie des figures, il est en effet possible de repérer desparallèles dans le répertoire des oeuvres de jeunesse de Mattia. Par exemple,le garçon qui hume le bouquet de fleurs (l’odorat) se base sur le même dessinutilisé pour le jeune chanteur du Concertà trois figures (ill. ci-contre, collection privée, à propos duquel, p. ex.A. D’Amico, in V. Sgarbi (a cura di), MattiaPreti, Soveria Mannelli, 2013, pp. 72-73, n. 10, avec bibliographie précédente).Les types physiques ainsi que la conception des autres figures sont récurrentsdans la production de jeunesse de Preti. Dans cette ambitieuse composition,Preti élabore un thème typique du caravagisme sous l’angle d’une auberged’extérieur – d’ailleurs déjà expérimenté dans des oeuvres de collaborationavec son frère Gregorio, comme celle conservée à l’Accademia Albertina de Turin– mais il montre ici une sensibilité déjà baroque par l’expansion en profondeurde l’espace figuratif, dans le refus de l’encombrement de la compositiontypique des interprétations caravagesques des Cinq Sens, et dans l’adoptiond’une matière picturale plus fine, étendue en touches plus rapides (pour lesdébuts de Mattia Preti dans l’atelier de son frère cf. Mattia Preti, un giovane nella Roma dopo Caravaggio, a cura di G.Leone, Soveria Mannelli, 2015).
Leformat et les dimensions de la toile incitent à retenir que celle-ci étaitdestinée à une galerie de tableaux, tel qu’indiqué indirectement aussi par lapossible provenance de la collection du marquis Alarcon de Mendoza.
Collection H.-F. Lavanchy
Ce lot provient de la collection H.-F. Lavanchy