Jean Dubuffet (1901-1985), "Pied du mur au sol mouillé", assemblage d'empreintes à l'encre de Chine sur papier, signé et daté 1955, 110x62 cm Bibliographie: Max Loreau, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet, fascicule XI: charrettes, jardins, personnages monolithes, Editions Weber, Paris, 1969, p. 45, no. 46 Provenance: Daniel Varenne, Genève; Baudoin Lebon, Paris; Drouot-Montaigne, Paris le 26.11.1992
Jean Dubuffet, inventeur de l’Art Brut, est un artiste polémique qui n’a jamais hésité à remettre en question de manière radicale l’art de son temps. Fin janvier 1955, il s’installe à Vence avec sa femme. Ce nouveau lieu de résidence impacte sa production. Ne trouvant pas de local suffisamment spacieux pour exécuter ses travaux de peinture, Dubuffet adapte son œuvre à la place dont il dispose. Il y développe une série de tableaux d’assemblages d’empreintes à l’encre de Chine réalisés à partir de feuilles préalablement encrées, découpées puis collées, créant des surfaces rappelant l’environnement alentour.
"Cela form[e] des tableaux ne représentant rien de plus que du sol de route supposé vu de près, sans perspective et en plein surplomb, s’agissant tantôt de chaussées carrossables finement empierrées, tantôt de vieux goudronnages à demi ruinés, présentant toute une géographie de lézardes, cassures, vestiges indistincts. […] Chacun [de ses tableaux] se présent[e] comme un grand fragment de chaussée érigé sur chevalet, mais donnant à penser d’autre part à de vastes cosmogonies sidérales en contradiction avec la très petite surface de terrain qu’il est supposé figurer […]" 1
Cette "célébration du sol", qui a fait scandale, a cela d’intéressant que l’artiste s’aventure dans cette recherche en véritable ethnologue des chaussées. Il interroge les limites de l’art, au carrefour entre sciences humaines et création artistique. Jean Dubuffet bouscule les codes en ouvrant de nouvelles voies à la création, plaçant l’invention perpétuelle au cœur de sa démarche.
(1) Extraits de Jean Dubuffet, Mémoire sur le développement des mes travaux, in Prospectus et tous écrits suivants, éd. Gallimard, 1967, pp. 116-123, cité dans l’ouvrage de Max Loreau, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet, fascicule XII: Tableaux d'assemblages, Ed. Weber, Paris, 1969.
Jean Dubuffet (1901-1985), "Pied du mur au sol mouillé", assemblage d'empreintes à l'encre de Chine sur papier, signé et daté 1955, 110x62 cm
Bibliographie: Max Loreau, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet, fascicule XI: charrettes, jardins, personnages monolithes, Editions Weber, Paris, 1969, p. 45, no. 46
Provenance: Daniel Varenne, Genève; Baudoin Lebon, Paris; Drouot-Montaigne, Paris le 26.11.1992
Jean Dubuffet, inventeur de l’Art Brut, est un artiste polémique qui n’a jamais hésité à remettre en question de manière radicale l’art de son temps. Fin janvier 1955, il s’installe à Vence avec sa femme. Ce nouveau lieu de résidence impacte sa production. Ne trouvant pas de local suffisamment spacieux pour exécuter ses travaux de peinture, Dubuffet adapte son œuvre à la place dont il dispose. Il y développe une série de tableaux d’assemblages d’empreintes à l’encre de Chine réalisés à partir de feuilles préalablement encrées, découpées puis collées, créant des surfaces rappelant l’environnement alentour.
"Cela form[e] des tableaux ne représentant rien de plus que du sol de route supposé vu de près, sans perspective et en plein surplomb, s’agissant tantôt de chaussées carrossables finement empierrées, tantôt de vieux goudronnages à demi ruinés, présentant toute une géographie de lézardes, cassures, vestiges indistincts. […] Chacun [de ses tableaux] se présent[e] comme un grand fragment de chaussée érigé sur chevalet, mais donnant à penser d’autre part à de vastes cosmogonies sidérales en contradiction avec la très petite surface de terrain qu’il est supposé figurer […]" 1
Cette "célébration du sol", qui a fait scandale, a cela d’intéressant que l’artiste s’aventure dans cette recherche en véritable ethnologue des chaussées. Il interroge les limites de l’art, au carrefour entre sciences humaines et création artistique. Jean Dubuffet bouscule les codes en ouvrant de nouvelles voies à la création, plaçant l’invention perpétuelle au cœur de sa démarche.
(1) Extraits de Jean Dubuffet, Mémoire sur le développement des mes travaux, in Prospectus et tous écrits suivants, éd. Gallimard, 1967, pp. 116-123, cité dans l’ouvrage de Max Loreau, Catalogue des travaux de Jean Dubuffet, fascicule XII: Tableaux d'assemblages, Ed. Weber, Paris, 1969.
Bon état général
En raison du très bon état du montage et de la fragilité de l'oeuvre, l'oeuvre n'a pas pu être décadrée afin d'éviter tout dommage
Cependant une légère ondulation de la feuille semble indiquer que celle-ci n'est pas contre collée. Par ailleurs, on peut remarquer qu'elle n'adhère pas au support, hormis dans les angles ou le système de maintien n'est pas connu.
Le papier est légèrement oxydé, légèrement jauni
Présence de petites traces de colle mineures (petites traces jaunâtres)
Présence de plusieurs petits trous de la taille d'une tête d'épingle sur l'ensemble qui semblent d'origine (voir photos)
Présence d'une déchirure d'environ 10 cm horizontale le long de la bordure inférieure (voir photo)
Présence de 3 petites déchires verticales (inf à 1 cm ) le long de la bordure inférieure (voir photo)
Léger pli bordure inf. gauche avec une trace de découpe (probablement d'origine)