Poteau anthropomorphe botchio Fon, bois dur à patine brun clair et fer forgé rouillé, Bénin, h.36 cm. Représentation d'un personnage masculin destiné à détourner les forces maléfiques de son propriétaire
Provenance: collection Gérald et Muriel Minkoff, Genève
Publication: Illustré et décrit dans Jacques Hainard et Roland Kaehr, Le trou, Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, Neuchâtel, 1990, pp.160-161
Poteau anthropomorphe botchio Fon, bois dur à patine brun clair et fer forgé rouillé, Bénin, h.36 cm. Représentation d'un personnage masculin destiné à détourner les forces maléfiques de son propriétaire
Provenance: collection Gérald et Muriel Minkoff, Genève
Publication: Illustré et décrit dans Jacques Hainard et Roland Kaehr, Le trou, Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, Neuchâtel, 1990, pp.160-161
Bon état général
Importante fissure verticale
Description de l'objet dans Le Trou, 1990:
Bois dur de couleur brun clair, fer. H.: 380 cm. Style d'Abomey, République populaire du Bénin.
Les yeux fermés en grains de café semblent manifester cette sérénité qu'on voit parfois aux saints martyrs, auxquels on vient d'arracher les yeux ou les seins, et que contredit la violence de l'assemblage, accentué encore par la brisure du bois qui zèbre le visage et la poitrine de haut en bas jusque dans le sexe.
Une sorte de tenon phallique et coulissant traverse le torse de part en part, mais une paire d'entraves en fer forgé (me-do-gan, individu dans le fer) interdit qu'on l'en retire. Un cône en fer muni d'une pointe enveloppe la base de cette sculpture afin de pouvoir la ficher fermement en terre.
Ces poteaux anthropomorphes sont appeles chez les
Fon botchio, de bo charme et tchio, cadavre, ce qui indique que ce ne sont ni des figures d'ancêtres, ni des représentations d'esprits ou des divinités, mais des leurres destinés à tromper les forces maléfiques pour qu'elles se fixent sur eux plutôt que sur les propriétaires du lieu devant lequel de tels poteaux ont été plantés, poteaux qui peuvent être d'ailleurs taillés par tout un chacun.
Cette pratique, sans doute antérieure au culte des vodoun, inconnue chez leurs voisins Yorouba, est pourtant souvent associée au rituel dédié à Legba, le dieu trompeur du sort.
C'est le prêtre du Fã, génie de la divination, qui procède à la consécration du botchio. Si les autres figures de bois dont nous avons parlé précédemment sont apotropaïques, c'est-à-dire destinées à repousser les maléfices, les botchio au contraire jouent le rôle de boucs émissaires: chargés d'effluves malins, ils sont tenus à l'écart des lieux où l'on vit.