Constantin Brancusi (1876-1957), Ensemble de 4 photographies argentiques, Vues d'atelier avec les œuvres Le Poisson et La Muse endormie, dont 2 plans rapprochés, 10,5x7 à 20x15 cm Provenance: Marthe Lebherz, Suisse
Constantin Brancusi (1876-1957), Ensemble de 4 photographies argentiques, Vues d'atelier avec les œuvres Le Poisson et La Muse endormie, dont 2 plans rapprochés, 10,5x7 à 20x15 cm
Provenance: Marthe Lebherz, Suisse
- 4tirages, dans 2 formats différents. Les deux petits sont numérotés I et V.Découpe irrégulière des photographies. Légère oxydation générale et quelques marquesde doigts en bordure
o Grandstirages : la déchirure des deux photos montre qu’elles ont probablement étédéveloppées sur le même papier, puis séparées par déchirement (leur ligne dedéchirure s’emboite). Pertes de matière en périphérie qui semblent dues à laséparation originale, dont une déchirure superficielle (env. 2 cm) dans la partieinférieure gauche (« Le Poisson »). Usure dans les angles. Légersplis et abrasions en surface. Trous d’aiguilles proches des angles.
o Petitstirages : Bon état général. Quelques légères abrasions en surface
Constantin Brancusi (1876-1957) - Série de tirages argentiques
Les lots 4606 à 4612, (de même que 4623 et 4626) proviennent directement des héritières de Marthe Lebherz (1906-2008). Une profonde amitié liait Marthe, sa sœur Juliette et les propriétaires actuelles. Ces dernières n’ont cependant découvert l’histoire de Marthe et du célèbre sculpteur Constantin Brancusi (1876-1957) qu'après sa disparition en 2008.
Marthe Lebherz est née le 31 décembre 1906 en Suisse. Elle suit les cours d'enseignement artistique de Jaques Dalcroze à Genève. Très tôt, elle part vivre à Paris. Sa soeur Juliette, qui est gouvernante dans une famille américaine, la suit à la demande de leurs parents. Marthe danse dans plusieurs compagnies : dans la troupe d'Alicia Vronska à l'opéra de Paris et aux Ballets de MonteCarlo, dans la compagnie de Bronia Nijinska, soeur du célèbre danseur Vaslav Nijinski. Par le biais d’amies communes, dont la danseuse Lizica Codréano, Marthe rencontre Constantin Brancusi à Paris au début de 1925. Elle n’a pas encore vingt ans. C’est le coup de foudre.
Une impressionnante correspondance témoigne de la relation amoureuse entre Constantin Brancusi et Marthe Lebherz. Leur histoire reste cependant cachée, Marthe étant bien plus jeune que le sculpteur et ses parents n'appréciant guère cette relation. Ils s’inventent d’ailleurs des prénoms qu’eux seuls connaissent : Tonton pour Marthe et Tantan pour Constantin.
Souhaitant être près de Marthe, Brancusi l'engage comme secrétaire en prévision d’un événement majeur de l'année 1926 à New York, où il est invité pour une première grande exposition personnelle à la Brummer Gallery. Cet événement est organisé par son ami proche Marcel Duchamp.
Le départ de Brancusi pour New York le 1er septembre 1926 marque le début d’un important échange de lettres quotidiennes avec Marthe, alors restée à Paris.
Cette histoire passionnelle prend fin vers 1928.
À la déclaration de la guerre en 1939, Marthe et sa sœur reviennent en Suisse. L’une et l’autre y continuent leurs carrières artistiques. Marthe, au Grand-théâtre de Genève, où elle danse, et au Conservatoire de Genève, où elle enseigne la danse, ainsi que dans son studio de la Rue de Saint-Léger. Juliette est quant à elle dans la création de costumes, tout en développant son grand intérêt pour la peinture et les collages.
(Brancusi & Marthe ou l’histoire d’amour entre Tantan et Tonton. Correspondance réunie par Doïna Lemny, Lyon, Fage Editions, 2017)