Paul Klee (1879-1940), "Stickerei", 1915, aquarelle et crayon de graphite sur papier monté sur carton, signée, datée "1915 180" et titrée au crayon, 14,8x21,1 cm
Provenance: Hausmann (Cadeau de mariage), c. 1915, il s'agit éventuellement de Georg (Olly) Hausmann, Münich; Paul Wescher, Ruvigliana (jusqu'en 1959); Galerie Berggruen & Cie, Paris, 1959; Galerie Jacques Benador, Genève, 1959; Vente Hauswedell & Nolte, Hambourg, 3.6.1977, no. 773, ill.; Michel Couturier, Paris (probablement 1977-1978); Galerie Rosengart, Lucerne (1978-1979); Collection de Monsieur et Madame Grodtmann, suisse, resté dans la famille jusqu'à ce jour
Bibliographie: Uta Gerlach-Laxner, Paul Klee und der Orient. Die Auswirkung auf sein Werk unter besonderer Berücksichtigung seiner Tunesienreise 1914, in catalogue d'exposition, Münster-Bonne, 1982-1983, p. 60-71, ill.; Jenny Anger, Modernism and the Gendering of Paul Klee, Dissertation, Brown University, Providence, 1997, ill.; Osamu Okuda, Paul Klee: Buchhaltung, Werkbezeichnung und Werkprozess, in Radical Art History: Internationale Anthologie, Subject: O.K. Werckmeister, hrsg. v. Wolfgang Kersten, Zürich, 1997, p. 374-397; Jenny Anger, Klees Unterricht in der Webereiwerkstatt des Bauhauses, in catalogue d'exposition; Berlin-Dessau-Tilburg u.a. 1998/1999, p. 33-41; Catalogue raisonné Paul Klee, Vol. 2, 1913-1918, hrsg. von der Paul-Klee-Stiftung, Kunstmuseum Berne, Berne, 2000, p. 300, no. 1514, ill.; Jenny Anger, Paul Klee and the Decorative in Modern Art, Cambridge 2004; Kerstin Gräfin von Schwerin, Eine nicht uninteressante kunstgewerbliche Spielerei. Spinnengewebe und Teppichweberei im Werk von Robert Walser und Paul Klee, in Groddeck/Sorg/Utz/Wagner 2007, p. 265-275
Exposition: Nationalgalerie, Kronprinzenpalais, Paul Klee, Berlin, 30 janvier (au plus tard) au 11 avril, 1923c; Galerie D. Benador, Genève, Paul Klee Aquarelles et dessins, juillet 1959, no. 4 ill.; Atelier Riehentor, Bâle, 21.11-30.12.1959; Galerie Europe, Paris, Klee, Kandisky, Brancusi (sculptures), février-mars 1961; W. Wittrock Kunthandel, Düsseldorf, Paul Klee, 29.11-17.12.1977; Fuji Television Gallery, Tokyo, 26.9-20.10.1978Né en 1879 enSuisse près de Berne, Paul Klee occupe une place majeure parmi les fondateursde la peinture du XXe s. Les principaux mouvements de l’art moderne lui étaientassurément connus, mais sans qu’il s’identifie à eux, bien qu’il ait été touchénotamment par le néo-impressionnisme et le cubisme. Réinventant, transformant,Klee avait une approche visionnaire et cosmique de lui-même et de ce quil’entourait.
En 1912, PaulKlee rencontre le peintre français Robert Delaunay (1885-1941). Ce dernier faitdes recherches approfondies sur les couleurs et travaille à cette période surla série des "Fenêtres simultanées". Cherchant à représenter lalumière et la dynamique des couleurs, Delaunay écrit cette année-là dansune lettre au peintre expressionniste allemand August Macke (1887-1914) :« Une chose indispensable pour moi,c’est l’observation directe, dans la nature, de son essence lumineuse. […] Maisoù j’attache une grande importance, c’est à l’observation du mouvement descouleurs. C’est seulement ainsi que j’ai trouvé les lois des contrastescomplémentaires et simultanés des couleurs qui nourrissent le rythme même de mavision. »
Paul Klee estinspiré par le travail de Delaunay. Cette approche des couleurs impacte,notamment, la manière dont Paul Klee regardera la Tunisie, une destination oùil se rend par bateau en avril 1914 avec ses amis et artistes August Macke etLouis Moilliet.
« Unpays qui me ressemble », écrit Paul Klee. Ce voyage réalisé alors qu’il atrente-quatre ans marque un moment crucial dans sa carrière artistique ettransforme profondément sa pratique. « La couleur me possède. Point n’estbesoin de chercher à la saisir. Elle me possède, je le sais. Voilà le sens dumoment heureux : la couleur est moi sommes un. Je suis peintre. »
Le travail dePaul Klee a été longuement nourri par les images de ce séjour en Tunisie et parles œuvres faites sur place (30 aquarelles et 13 dessins). Ce voyage estconsidéré comme un moment clé pour l’histoire de l’art et le déploiement del’aquarelle moderne.
L’œuvre quenous présentons dans notre vente, "Stickerei", date de 1915, après cevoyage révélateur pour le peintre, et témoigne du tournant artistique dans son œuvrequi a fait sa notoriété. Une composition en quadrillage à laquelle Paul Kleeajoute des croix, points et traits, une référence à la broderie et aux textiles,évoquant aussi les espaces, structures ornementales et architecturales,lumières et couleurs, dont il s’est imprégné lors de son fameux voyage, sansoublier les éléments rythmiques et musicaux qui l’ont accompagné toute savie.
(Le voyageen Tunisie 1914. Paul Klee, August Macke, Louis Moilliet, Zentrum PaulKlee, Berne, Hatje Cantz, 2014)
Paul Klee (1879-1940), "Stickerei", 1915, aquarelle et crayon de graphite sur papier monté sur carton, signée, datée "1915 180" et titrée au crayon, 14,8x21,1 cm
Provenance: Hausmann (Cadeau de mariage), c. 1915, il s'agit éventuellement de Georg (Olly) Hausmann, Münich; Paul Wescher, Ruvigliana (jusqu'en 1959); Galerie Berggruen & Cie, Paris, 1959; Galerie Jacques Benador, Genève, 1959; Vente Hauswedell & Nolte, Hambourg, 3.6.1977, no. 773, ill.; Michel Couturier, Paris (probablement 1977-1978); Galerie Rosengart, Lucerne (1978-1979); Collection de Monsieur et Madame Grodtmann, suisse, resté dans la famille jusqu'à ce jour
Bibliographie: Uta Gerlach-Laxner, Paul Klee und der Orient. Die Auswirkung auf sein Werk unter besonderer Berücksichtigung seiner Tunesienreise 1914, in catalogue d'exposition, Münster-Bonne, 1982-1983, p. 60-71, ill.; Jenny Anger, Modernism and the Gendering of Paul Klee, Dissertation, Brown University, Providence, 1997, ill.; Osamu Okuda, Paul Klee: Buchhaltung, Werkbezeichnung und Werkprozess, in Radical Art History: Internationale Anthologie, Subject: O.K. Werckmeister, hrsg. v. Wolfgang Kersten, Zürich, 1997, p. 374-397; Jenny Anger, Klees Unterricht in der Webereiwerkstatt des Bauhauses, in catalogue d'exposition; Berlin-Dessau-Tilburg u.a. 1998/1999, p. 33-41; Catalogue raisonné Paul Klee, Vol. 2, 1913-1918, hrsg. von der Paul-Klee-Stiftung, Kunstmuseum Berne, Berne, 2000, p. 300, no. 1514, ill.; Jenny Anger, Paul Klee and the Decorative in Modern Art, Cambridge 2004; Kerstin Gräfin von Schwerin, Eine nicht uninteressante kunstgewerbliche Spielerei. Spinnengewebe und Teppichweberei im Werk von Robert Walser und Paul Klee, in Groddeck/Sorg/Utz/Wagner 2007, p. 265-275
Exposition: Nationalgalerie, Kronprinzenpalais, Paul Klee, Berlin, 30 janvier (au plus tard) au 11 avril, 1923c; Galerie D. Benador, Genève, Paul Klee Aquarelles et dessins, juillet 1959, no. 4 ill.; Atelier Riehentor, Bâle, 21.11-30.12.1959; Galerie Europe, Paris, Klee, Kandisky, Brancusi (sculptures), février-mars 1961; W. Wittrock Kunthandel, Düsseldorf, Paul Klee, 29.11-17.12.1977; Fuji Television Gallery, Tokyo, 26.9-20.10.1978Né en 1879 enSuisse près de Berne, Paul Klee occupe une place majeure parmi les fondateursde la peinture du XXe s. Les principaux mouvements de l’art moderne lui étaientassurément connus, mais sans qu’il s’identifie à eux, bien qu’il ait été touchénotamment par le néo-impressionnisme et le cubisme. Réinventant, transformant,Klee avait une approche visionnaire et cosmique de lui-même et de ce quil’entourait.
En 1912, PaulKlee rencontre le peintre français Robert Delaunay (1885-1941). Ce dernier faitdes recherches approfondies sur les couleurs et travaille à cette période surla série des "Fenêtres simultanées". Cherchant à représenter lalumière et la dynamique des couleurs, Delaunay écrit cette année-là dansune lettre au peintre expressionniste allemand August Macke (1887-1914) :« Une chose indispensable pour moi,c’est l’observation directe, dans la nature, de son essence lumineuse. […] Maisoù j’attache une grande importance, c’est à l’observation du mouvement descouleurs. C’est seulement ainsi que j’ai trouvé les lois des contrastescomplémentaires et simultanés des couleurs qui nourrissent le rythme même de mavision. »
Paul Klee estinspiré par le travail de Delaunay. Cette approche des couleurs impacte,notamment, la manière dont Paul Klee regardera la Tunisie, une destination oùil se rend par bateau en avril 1914 avec ses amis et artistes August Macke etLouis Moilliet.
« Unpays qui me ressemble », écrit Paul Klee. Ce voyage réalisé alors qu’il atrente-quatre ans marque un moment crucial dans sa carrière artistique ettransforme profondément sa pratique. « La couleur me possède. Point n’estbesoin de chercher à la saisir. Elle me possède, je le sais. Voilà le sens dumoment heureux : la couleur est moi sommes un. Je suis peintre. »
Le travail dePaul Klee a été longuement nourri par les images de ce séjour en Tunisie et parles œuvres faites sur place (30 aquarelles et 13 dessins). Ce voyage estconsidéré comme un moment clé pour l’histoire de l’art et le déploiement del’aquarelle moderne.
L’œuvre quenous présentons dans notre vente, "Stickerei", date de 1915, après cevoyage révélateur pour le peintre, et témoigne du tournant artistique dans son œuvrequi a fait sa notoriété. Une composition en quadrillage à laquelle Paul Kleeajoute des croix, points et traits, une référence à la broderie et aux textiles,évoquant aussi les espaces, structures ornementales et architecturales,lumières et couleurs, dont il s’est imprégné lors de son fameux voyage, sansoublier les éléments rythmiques et musicaux qui l’ont accompagné toute savie.
(Le voyageen Tunisie 1914. Paul Klee, August Macke, Louis Moilliet, Zentrum PaulKlee, Berne, Hatje Cantz, 2014)
Très bon état de conservation
L'oeuvre a été contrecollée sur un carton de fond
Le carton est légèrement jauni et présente de petites piqures
Les bordures, qui sont visible semblent intactes
Présence d'une trace de pli dans l'angle supérieur gauche
L'oeuvre semble dans son état d'origine. Nous n'avons pas décelé de dommage majeur
PAUL KLEE - STICKEREI 1915
Né en 1879 en Suisse près de Berne, Paul Klee occupe une place majeure parmi les fondateurs de la peinture du XXe s.
(Le voyage en Tunisie 1914. Paul Klee, August Macke, Louis Moilliet, Zentrum Paul Klee, Berne, Hatje Cantz, 2014)
COLLECTION CHARLOTTE GRODTMANN
La collection Grodtmann est le fruit d’une passion pour l’art partagée par deux époux. Carsten Grodtmann est né à Hambourg en 1921, il est le fils d’un grand commerçant qui travaillait dans l’import-export avec la Chine et le Japon, et d’une mère artiste
qui s’occupait de leur grande maison. Dès l’adolescence, Carsten accompagne ses parents dans leurs voyages en Extrême-Orient.
Il perpétuera tout au long de sa vie ses voyages lointains riches culturellement, qui le sensibiliseront à différents types d’art. En
1938, la famille émigre en Suisse, ou le père de Carsten, très dynamique professionnellement, fonde plusieurs autres sociétés
commerciales.
Après des années mouvementées pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, Carsten épouse Charlotte Auerbach, Hongroise d’origine, installée à Zurich ou son père avait émigré pour des raisons professionnelles.
Le couple s’installe à La Tour-de-Peilz près de Vevey. Carsten Grodtmann est mu par le même dynamisme d’affaires que son père. D’une part il reprend les entreprises paternelles, d’autre part il fonde et développe de nouveaux commerces. Il déploie des activités variées : commerce de machines, matériel industriel, médicaments, financement d’entreprises… Il travaille essentiellement sur les marches extra-européens.
Les affaires de M. Grodtmann le conduisent sur le continent africain et en Asie de l’Est et du Sud-Est. En autodidacte,
Charlotte Grodtmann acquiert une connaissance approfondie de l’art et de l’histoire de l’art. Le couple sans enfant voyage énormément et Charlotte Grodtmann s’occupe de la création de leur collection d’art commune.
Amoureux des mouvements artistiques ayant conteste et révolutionne l’histoire de l’art au XXe siècle (cubisme, expressionnisme, surréalisme, symbolisme, …), les époux ont collectionne les plus grands acteurs de la peinture moderne… Picasso (lots 184-185), Paul Klee (lot 178), Henri Matisse (lots 179-180), Odilon Redon (lot 169),
Joseph Sima (lot 204), Vieira da Silva (lots 208-209) – entre autres – ornaient les murs de leur grand appartement.
Charlotte Grodtmann tisse des liens de confiance avec les plus grands galeristes chez qui elle achète : Galerie Rosengart (Lucerne), Galerie Alice Pauli (Lausanne), Huguette Beres (Paris)… Et la peinture n’est pas leur seule passion : de Londres a New York en passant par Paris, Osaka et Hong Kong, les époux Grodtmann fréquentent les antiquaires, les magasins de porcelaine, les galeries d’art… Ils n’achètent pas de manière compulsive, ils se concentrent sur quelques très beaux objets qu’ils pourront admirer dans leur intérieur. Ainsi en est-il du reliquaire Kota (lot 101) achète a la Galerie Charles Ratton ou les masques Dan (lots 96 à 98) qui leur rappelaient a la fois l’Afrique et leurs tableaux cubistes. Ils ont reuni un ensemble de mobilier français comprenant une belle commode Transition estampillée Saunier (lot 150), des fauteuils Directoire estampilles Jacob (lot 156), en pleine harmonie avec les sculptures d’Alicia Penalba (lots 200 à 202) ou les objets précieux du Japon (lots 115 à 117). De retour d’un de ses nombreux voyages, Carsten Grodtmann décède à l’âge de 91 ans à Vevey le 1er mai 2012.
Charlotte Grodtmann lui survit et décède 8 ans plus tard.
Nous sommes heureux et honores de présenter dans ce catalogue les quelque 200 lots de la collection de Monsieur et Madame Grodtmann.
Tous les lots marques en rouge décembre prochain. Plus de 150 lots sont intégrés dans la vente online.
Tous les lots sont repérables en recherchant le mot-clef Grodtmann sur piguet.com