Samedi 6 Mai, 14h30

Commode d'époque Consulat attribuée à Jacob frères (1796-1803), en acajou et placage d'acajou flammé et ornementations en bronze ciselé et doré, façade ornée d'un riche décor figurant deux cornes d'abondance terminées par une pyramide de fruits et liées par un ruban noué, ouvrant par un tiroir en ceinture orné d'une rosace flanqué de palmettes et deux vantaux qui démasquent  trois tiroirs internes également en acajou, base en plinthe, plateau en marbre noir fossilisé, 96x130x62 cm  Selon la tradition familiale ce lot faisait partie de l'ensemble mobilier de la chambre à coucher de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, duc de Parme et fût acheté à Paris dans les années 1960. Pièce similaire : -Vente Christie's Londres, Important European Furniture and Sculpture, 10 juillet 2008, lot n°11

Lot 262
Estimation
CHF 10 000 - 15,000
ADJUGÉ(HORS FRAIS)
CHF 20 000

DESCRIPTIF

Commode d'époque Consulat attribuée à Jacob frères (1796-1803), en acajou et placage d'acajou flammé et ornementations en bronze ciselé et doré, façade ornée d'un riche décor figurant deux cornes d'abondance terminées par une pyramide de fruits et liées par un ruban noué, ouvrant par un tiroir en ceinture orné d'une rosace flanqué de palmettes et deux vantaux qui démasquent  trois tiroirs internes également en acajou, base en plinthe, plateau en marbre noir fossilisé, 96x130x62 cm 

Selon la tradition familiale ce lot faisait partie de l'ensemble mobilier de la chambre à coucher de Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, duc de Parme et fût acheté à Paris dans les années 1960.

Pièce similaire :
-Vente Christie's Londres, Important European Furniture and Sculpture, 10 juillet 2008, lot n°11

Complément d’informations
icone

La dynastie des ébénistes JACOB

La fameuse dynastie des ébénistes Jacob brille d’un éclat incomparable dans l’histoire du mobilier. C’est Georges Jacob (1739-1814), chef de famille et fondateur, qui donne le ton sur l’art de l’ameublement depuis Louis XV jusqu’à la fin de l’Empire.

G. Jacob, actif de 1765 à 1797,  a produit presque exclusivement des sièges, bien qu’on lui connaisse quelques rares consoles et meubles d’appui. On lui prête la paternité du fauteuil ‘’à la reine’’, ainsi nommé car il avait les faveurs de la reine Marie-Antoinette, comportant un dossier droit plus confortable que les dossiers en cabriolet.

Pendant la Révolution, G. Jacob sera incarcéré à plusieurs reprises et devra patienter jusqu’au Directoire pour exercer de nouveau ses talents d’ébéniste. Il transmet son savoir-faire à ses fils Georges (1768-1803) et François-Honoré-Georges (1170-1841) qui reprennent les rennes de l’entreprise familiale sous la raison sociale ‘’Jacobs Frères’’. Actifs de 1797 à 1803, ils exercent sous l’égide de leur père qui prodiguait ses conseils et orientait leurs choix artistiques. La fougue des deux frères donne un nouveau dynamisme et l’entreprise élargit sa gamme de production à d’autres pièces d’ameublement que les sièges, comme nous en présentons certains dans la vente : meubles de toilettes (lot 264), consoles (lot 261), commodes (lot 262), somnos (lot 260), etc. Parallèlement, ils privilégient une nouvelle ornementation issue du répertoire de la sculpture animalière classique : dauphins, col de cygnes, mufles de lions et pieds en jarret,… Ainsi le fauteuil lot 263 de la vente, estampillé, sculpté de sphinges avec des pieds griffes, est révélateur des réalisations de cette époque.

Dans cette association, François-Honoré-Georges se révèle un dessinateur incroyablement talentueux et un ébéniste aussi doué que son père, tandis que son frère se concentrera sur la partie administrative. La chance leur sourit dès le début grâce au général Bonaparte : revenant d’Italie, il commanda aux frères Jacob, pour sa chambre, du mobilier militaire sculpté. Quelques années plus tard, le Premier Consul fit également appel aux deux frères pour meubler les résidences royales dévastées par la Révolution. Cette collaboration avec le futur Empereur assurera la réussite et la pérennité de leur entreprise.

L’aîné de la fraternité mourut prématurément en 1803, François-Honoré-Georges forma alors une nouvelle association avec son père de 1803 à 1824 sous l’appellation ‘’Jacob Desmalter et Cie’’, nom emprunté à une résidence de bourgogne adorée de son enfance. Nommé ébéniste de L’Empereur, son entreprise prit une ampleur considérable, comptant plus de 15 ateliers : menuiserie, tournage, sculpture, peinture, dorure sur bois, tapisserie, serrurerie et travail du bronze, occupant près de 300 ouvriers. De ces ateliers sortaient des meubles et sièges destinés à tous les palais de Napoléon, du trône impérial de Fontainebleau à l’armoire à bijoux de Marie-Louise, en passant par les buffets en ébène de Versailles et les vitrines en acajou du cabinet des Antiques à la Bibliothèque nationale.

Si les commandes officielles nationales représentaient une quantité considérable de pièce d’ameublement, une part plus importante encore de la production des ateliers Jacob Desmalter partait à l’étranger orner les cours des rois de Hollande, Westphalie, Espagne, de l’Empereur de Russie, etc.

A la fin de l’Empire, la maison Jacob faillit disparaître suite à la crise qui paralysa toute l’économie de cette époque. Mais la dynastie ne s’éteignit pas pour autant, puisque Jacob-Desmalter, sous le règne de Louis XVIII, meubla le palais de l’Elysée pour le duc de Berry. Le 1er janvier 1825, François-Honoré-Georges se retira des affaires, pour profiter de sa retraite.

Les ateliers Jacob ont toujours réussi à se hisser au meilleur rang, servant les grands monarques de toutes les époques. Beaucoup de meubles estampillés ou attribués à Jacob se retrouvent aujourd’hui dans les plus remarquables collections privées et dans de nombreux palais et château de France et d’Europe, considérés comme trésors nationaux. Les lots 259 à 266 qui suivent ont été exécutés par les ateliers Jacob entre 1797 et 1825.
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