Exceptionnelle pendule de salon d'époque Empire figurant ''César triomphant'', attribuée à Pierre-François (1737-1823) ou Lucien-François Feuchère (? - 1841), en bronze finement ciselé et doré mat et brillant figurant César triomphant, debout et cuirassé, la tête laurée et tenant à la main un rotulus. Il est accoudé sur une borne richement décorée d'une représentation du dieu Mars ainsi que de nombreux attributs guerriers. Le cadran également en bronze ciselé est orné en son centre d'un mufle de lion ceinturé d'une couronne de laurier avec indication des heures en chiffres romains, socle rectangulaire en marbre vert de mer agrémenté d'une frise en bronze doré de personnages à l'antique, ainsi que d'une couronne de laurier avec des abeilles, pieds griffes avec mufles de lion ailés, h. 80 cm Provenances : - Château de Villbertin, Succession du comte du Parc, Maître P. Jonquet, 24-26 septembre 1982 et mentionnée dans H.Ottomeyer/P.Pröschel,Vergoldete Bronzen,Klinkhardt and Bierman, Munich, P.348 - Hôtel des Ventes de Lille, Maîtres J.Mercier, J.Velliet, D.Thullier et F.Issalay, le 15 mars 1987 Pièces similaires : - Palais royal d'Amsterdam, commandée pour le frère de Napoléon Ier, Louis Napoléon, roi de Hollande, circa 1808 - Palais de Tsarkoye Selo pour Alexandre 1er de Russie, livrée en 1817 - Château de Coburg,circa 1810 et illustré dans ; H.Ottomeyer/P.Pröschel,Vergoldete Bronzen,Klinkhardt and Bierman, Munich, P.348, fig. 5.6.4 - Palais Impérial de Compiègne, illustré dans; Dumonthier, Ernest, Les bronzes du mobilier national, Bronzes d'éclairage et chauffage, Libraire Générale de l'Architecture et des Arts Décoratifs, Ch. Massin, Éditeur, PL. 32, Ill. 1 - Collection privée italienne, ''Hannibal'', illustré dans ; H.Ottomeyer/P.Pröschel,Vergoldete Bronzen,Klinkhardt and Bierman, Munich, P.399, fig. 5.18.18 - Christie's Monaco, Mobilier et Objets d'Art, 19 juin 1999, lot n°97
Exceptionnelle pendule de salon d'époque Empire figurant ''César triomphant'', attribuée à Pierre-François (1737-1823) ou Lucien-François Feuchère (? - 1841), en bronze finement ciselé et doré mat et brillant figurant César triomphant, debout et cuirassé, la tête laurée et tenant à la main un rotulus. Il est accoudé sur une borne richement décorée d'une représentation du dieu Mars ainsi que de nombreux attributs guerriers. Le cadran également en bronze ciselé est orné en son centre d'un mufle de lion ceinturé d'une couronne de laurier avec indication des heures en chiffres romains, socle rectangulaire en marbre vert de mer agrémenté d'une frise en bronze doré de personnages à l'antique, ainsi que d'une couronne de laurier avec des abeilles, pieds griffes avec mufles de lion ailés, h. 80 cm
Provenances :
- Château de Villbertin, Succession du comte du Parc, Maître P. Jonquet, 24-26 septembre 1982 et mentionnée dans H.Ottomeyer/P.Pröschel,Vergoldete Bronzen,Klinkhardt and Bierman, Munich, P.348
- Hôtel des Ventes de Lille, Maîtres J.Mercier, J.Velliet, D.Thullier et F.Issalay, le 15 mars 1987
Pièces similaires :
- Palais royal d'Amsterdam, commandée pour le frère de Napoléon Ier, Louis Napoléon, roi de Hollande, circa 1808
- Palais de Tsarkoye Selo pour Alexandre 1er de Russie, livrée en 1817
- Château de Coburg,circa 1810 et illustré dans ; H.Ottomeyer/P.Pröschel,Vergoldete Bronzen,Klinkhardt and Bierman, Munich, P.348, fig.
5.6.4
- Palais Impérial de Compiègne, illustré dans; Dumonthier, Ernest, Les bronzes du mobilier national,
Bronzes d'éclairage et chauffage, Libraire Générale de l'Architecture et des Arts Décoratifs,
Ch. Massin, Éditeur, PL. 32, Ill. 1
- Collection privée italienne, ''Hannibal'', illustré dans ; H.Ottomeyer/P.Pröschel,Vergoldete Bronzen,Klinkhardt and Bierman, Munich, P.399, fig. 5.18.18
- Christie's Monaco, Mobilier et Objets d'Art, 19 juin 1999, lot n°97
Très bon état général
Manque probablement un drapeau derrière l'aigle
Manque probablement une petite pièce au niveau du faisceau de licteur
La vitre qui protège le mouvement est probablement postérieur
Pierre-François et Lucien-François FEUCHERE
Pierre-François Feuchère et son fils Lucien-François se sont illustrés en qualité de bronziers talentueux à Paris et dans toute l’Europe de l’Ancien Régime jusqu’à la Restauration. Pierre-François est reçu Maître doreur en 1763, et travailla pour le Garde-Meuble royal, auquel il fournit de nombreuses pendules. Il transmit son savoir-faire à son fils qui fut officiellement fournisseur du Garde-Meuble de la Couronne sous l’Empire et la Restauration, exerçant le métier avec un talent égal. Une grande partie de sa production était également vendue à l’étranger. L’atelier situé rue Notre-Dame-De-Nazareth, fut l’une des entreprises de bronzes d’ameublements les plus réputées de la première moitié du XIXe s., comprenant près de 150 ouvriers. Lucien-François, réputé rétif à l’innovation, abrite à son domicile, entre 1818 et 1820, les assemblées fondatrices de la Réunion des fabricants de bronze et finit sa vie dans la difficulté, frappé par la crise que connaît à la même époque ses confrères Thomire, Galle et les ateliers Jacob Desmalter. Une partie de son stock sera vendu aux enchères, dispersé lors de 5 ventes entre 1824 et 1831.Les pendules réalisées par Feuchère figurant César s’inscrivent dans un dessein de personnification de Napoléon Bonaparte en tant que figure glorieuse et républicaine de l’apogée de Rome, l’élevant ainsi au rang de l’illustre Jules César et lui permettant de s’inscrire dans l’éternité.
Le lot 298 en est un exemple majestueux. Chaque face de cette œuvre est réfléchie et sculptée, puisqu’à l’origine cette pendule de salon devait dominer une cheminée surmontée par un trumeau qui aurait permis de la contempler dans son ensemble, y compris le dos, à la manière d’une sculpture. Feuchère est parvenu à transmettre, grâce au minutieux travail de ciselure, la puissance de César, perturbant presque celui qui la contemple. Sa peau est très fine, légèrement marquée par quelques rides, le traitement des chairs apparaît naturel et la cuirasse exécutée avec brio, sa couronne de laurier parachevant sa gloire militaire et le présentant victorieux. César semble en mouvement grâce aux subtils jeux du mat et brillant des bronzes. L’ensemble des attributs de vainqueur se mêle parfaitement à sa représentation en tant qu’Homme d’État, figuré par le rotulus tenu dans sa main gauche.
La borne est dominée par la figure de Mars, Dieu de la guerre, et des différents attributs guerriers classique comme le bouclier à la tête de Méduse, mélangé aux attributs post-révolutionnaires tels que le faisceau de licteur, accentuant la volonté de Napoléon d’être aussi bien représenté en tant que figure romaine qu’Empereur de son temps. En plus d’être monumentale, cette pendule est un chef d’œuvre par le soin de tous les détails qui en font un véritable objet de luxe : le cadran qui dissimule habilement derrière deux des chiffres romains les trous des clés permettant de remonter le mécanisme et la jugulaire mobile du casque en sont deux exemples.
La base présente la particularité d’être ornée d’une couronne de laurier entourée d’abeilles, symbole impérial d’immortalité et de résurrection : les abeilles sont choisies afin de rattacher la nouvelle dynastie aux origines de la France. De toutes les pendules connues de ce modèle, une seule présente ce même motif : celle du frère de l’Empereur, le roi de Hollande, Louis Napoléon, conservée au Palais royal d’Amsterdam. Ce fait nous conforte dans l’idée que le lot 298 est très probablement le fruit d’une réalisation destinée à un membre de la famille impérial.
Ces pendules étaient principalement des commandes singulières conçues pour être offerte aux Princes européens qui se ralliaient à cette idée de pérennisation de l’Empire. Il existe environ une dizaine de pendules de ce modèle connues, chacune gardant cette identité mais présentant des variantes dans le choix de la représentation de César et parfois dans le choix des matériaux, comme la pendule d’Alexandre 1er de Russie, au palais de Tsarkoye Selo, qui présente une base en malachite. Feuchère livrera aussi un modèle similaire en 1812 à la résidence de Würzburg pour la somme de 2700 francs, correspondant à l’époque au prix d’une petite maison. Le lot 298 est également à rapprocher du modèle conservé dans l’ancienne salle de billard au Palais Impérial de Compiègne, acquise par le Garde-Meuble royal en 1832, puis conservé aux Palais des Tuileries jusqu'en 1854 avant de rejoindre Compiègne.