Suite de 6 larges chaises bernoises, XVIIIe s., en noyer mouluré à dossier à trois traverses courbées, pieds galbés, tissu beige fleuri
Suite de 6 larges chaises bernoises, XVIIIe s., en noyer mouluré à dossier à trois traverses courbées, pieds galbés, tissu beige fleuri
Le mobilier d’Yverdon: aux prémices de l’ébénisterie moderne
Originale à plus d’un titre, la production de meubles d’Yverdon est avant tout l’oeuvre d’un homme, Jean-Pierre- Moïse Guichard.
Dès son installation dans la cité vaudoise, il marque son établissement du sceau de la modernité en le dotant de machines-outils si pointues que les journaux de l’époque en feront l’éloge. Pour autant, et malgré les possibilités nouvelles qu’offre la mécanisation toujours plus précise du travail du bois, les formes adoptées restent profondément influencées par le néo-classicisme de la Restauration française (lot n°808), encore très en vogue au sein de la bourgeoisie de la région. Les bronzes, sans doute trop ostentatoires, mais certainement plus chers, se voient remplacés par un procédé décoratif nouveau, mais surtout unique, consistant à gaufrer les
placages de différents motifs.
Les plus répandus représentent des coquilles stylisées (lots n°805 et n°809), des frises de palmettes (lot n°806) et plus étonnamment, sans pour autant être plus rares, de fauves couchés (lot n°807). Le procédé technique aboutissant à ce résultat, perfectionné par Edouard Wanner, le neveu de Guichard, consiste à compresser les placages préalablement soumis à des bains de vapeur entre des matrices de laiton gravées des décors en négatif, puis de laisser sécher les bois sous pression.
La production des meubles d’Yverdon bien que prisée ne peut concurrencer les révolutionnaires formes de l’Art Nouveau de la fin du XIXe siècle, et se voit stoppée avec la mort de Wanner en 1904.
Association Pro Natura Vaud
Ce lot provient d’une collection privée du Nord vaudois léguée à l’association Pro Natura Vaud.