Le présent tableau,présenté aux enchères en 1985 avec une attribution à l’entourage de MatthiasStomer, a été publié dans les deux éditions du répertoire de Benedict Nicolsonsur le Caravagisme en Europe. Dans la première, il était considéré comme objet d’une“attribution erronée”, alors que dans la seconde, il a été reproduit comme“entourage de Matthias Stomer”, tout en portant, dans le corps du texte, lamention “attribution non convaincante”. Nicolson, décédé en 1978, n’a pas puvoir la peinture lors de son passage aux enchères en 1985, et il n’est pas dutout clair s’il a pu l’examiner de visu, ou, comme c’est probable,seulement grâce à des photos en noir et blanc.
Nous sommesreconnaissants au prof. Riccardo Lattuada pour avoir confirmé l’attribution àMatthias Stom après examen de visu du tableau.
Nous sommes égalementreconnaissants à Marrigje Rikken (Curator, Dutch and Flemish Old MasterPainting, Collections & Research, RKD, Netherlands Institute for ArtHistory), qui, sur la base de photographies digitales haute définition, aconfirmé l’attribution à Stom (lettre du 16.01.2016) et nous a indiqué laprovenance de la vente Christie’s de 1985.
Elève de GerritHonthorst à Utrecht, Stomer est documenté à Rome entre 1630 et 1633, où il estarrivé probablement déjà mature, et déjà au courant de la révolutioncaravagesque dont son maître Honthorst était un représentant de premier plan.Par la suite, il se transferrera à Naples, où il est documenté de 1633 à 1638,pour finalement rejoindre la Sicile, aux environs de 1640, où il resterajusqu’à sa mort, vers 1652 (pour un essai de catalogue de Stomer, cf. B.Nicolson, Caravaggism in Europe, cit., ad vocem, I, pp. 179-188; III,figg. 1460-1563; pour l’activité de l’artiste à Naples cf. G. Porzio, Lascuola di Ribera, Napoli, 2014, pp. 126-128; figg. 62, 68, 69, 71, 72,74-76, 79, 83; pour la période sicilienne cf. au moins A. Zalapì – S.Caramanna, Matthias Stom, un caravaggesco nella collezione Villafranca diPalermo, Palermo, 2010, avec la bibliographie précédente).
Le tableau, qui seprésente dans un très bon état de conservation, propre à permettre une parfaitelecture des intentions de l’artiste, montre une exécution au dessin extrêmementprécis dans les formes du premier plan, avec un déploiement de couleursbrillantes pour les habits et un rendu très efficace des carnations bronzées.Quelques endroits semblent avoir été laissés à un stade encore ébauché dans lapartie gauche du fond, ainsi que pour certains détails mineurs des figures du secondplan et de la chevelure du marchand assis à gauche.
Le tableau montre unepleine compréhension de la tendance artistique inaugurée par le Caravage. Lafigure du marchand qui tient un volatile dans la main gauche est saisie dans ungeste de surprise, le coude droit levé, sur le point de se lever. Sa posture,avec la main gauche s’appuyant sur l’accoudoir de son siège, est un hommageévident à la figure de l’apôtre de gauche dans le Souper à Emmaüs duCaravage (fig. 1, Londres, National Gallery, inv. n° NG172). Le geste duChrist, sur le point de fouetter l’assemblée, posant sa main droite surl’épaule gauche, est une réminiscence du même détail dans la célèbre gravured’Albrecht Dürer (fig. 2, Le Christ chassant les marchands du Temple, ducycle de la Petite Passion). On retrouve ce geste presque identique dansles oeuvres de représentants de la première vague caravagesque comme Cecco delCaravaggio (fig. 3, Francesco Boneri, dit Cecco del Caravaggio, Le Christchassant les marchands du Temple, Berlin, Staatliche Museen,Gemäldegalerie) et Dirck van Baburen (fig. 4, Le Christ chassant lesmarchands du Temple, Royaume-Uni, Schorr Collection).
La palette aigüe et leton clair du fond démentent que l’habileté de Stomer ait été limitée à lapeinture à la lumière artificielle des chandelles. Notre peinture est situéedans un espace plutôt bien éclairé, à tel point que l’artiste ne recourt àaucune source de lumière artificielle pour définir la scène. Des solutionsanalogues se rencontrent dans les oeuvres de la période romaine de Stomer,comme les Evangélistes Marc et Luc (ca 1635, à l’époque à Londres,Trafalgar Galleries), qui fait pendant aux Evangélistes Matthieu et Jean (NewYork, Columbia University). La forte concentration des figures dans l’espacefiguratif du tableau nous pousse à le dater pendant le séjour de Stomer à Rome(1630- 1633), période au cours de laquelle le peintre d’Amersfoort absorbed’une manière plus évidente l’influence du Caravagisme visible à Rome.
Le présent tableau,présenté aux enchères en 1985 avec une attribution à l’entourage de MatthiasStomer, a été publié dans les deux éditions du répertoire de Benedict Nicolsonsur le Caravagisme en Europe. Dans la première, il était considéré comme objet d’une“attribution erronée”, alors que dans la seconde, il a été reproduit comme“entourage de Matthias Stomer”, tout en portant, dans le corps du texte, lamention “attribution non convaincante”. Nicolson, décédé en 1978, n’a pas puvoir la peinture lors de son passage aux enchères en 1985, et il n’est pas dutout clair s’il a pu l’examiner de visu, ou, comme c’est probable,seulement grâce à des photos en noir et blanc.
Nous sommesreconnaissants au prof. Riccardo Lattuada pour avoir confirmé l’attribution àMatthias Stom après examen de visu du tableau.
Nous sommes égalementreconnaissants à Marrigje Rikken (Curator, Dutch and Flemish Old MasterPainting, Collections & Research, RKD, Netherlands Institute for ArtHistory), qui, sur la base de photographies digitales haute définition, aconfirmé l’attribution à Stom (lettre du 16.01.2016) et nous a indiqué laprovenance de la vente Christie’s de 1985.
Elève de GerritHonthorst à Utrecht, Stomer est documenté à Rome entre 1630 et 1633, où il estarrivé probablement déjà mature, et déjà au courant de la révolutioncaravagesque dont son maître Honthorst était un représentant de premier plan.Par la suite, il se transferrera à Naples, où il est documenté de 1633 à 1638,pour finalement rejoindre la Sicile, aux environs de 1640, où il resterajusqu’à sa mort, vers 1652 (pour un essai de catalogue de Stomer, cf. B.Nicolson, Caravaggism in Europe, cit., ad vocem, I, pp. 179-188; III,figg. 1460-1563; pour l’activité de l’artiste à Naples cf. G. Porzio, Lascuola di Ribera, Napoli, 2014, pp. 126-128; figg. 62, 68, 69, 71, 72,74-76, 79, 83; pour la période sicilienne cf. au moins A. Zalapì – S.Caramanna, Matthias Stom, un caravaggesco nella collezione Villafranca diPalermo, Palermo, 2010, avec la bibliographie précédente).
Le tableau, qui seprésente dans un très bon état de conservation, propre à permettre une parfaitelecture des intentions de l’artiste, montre une exécution au dessin extrêmementprécis dans les formes du premier plan, avec un déploiement de couleursbrillantes pour les habits et un rendu très efficace des carnations bronzées.Quelques endroits semblent avoir été laissés à un stade encore ébauché dans lapartie gauche du fond, ainsi que pour certains détails mineurs des figures du secondplan et de la chevelure du marchand assis à gauche.
Le tableau montre unepleine compréhension de la tendance artistique inaugurée par le Caravage. Lafigure du marchand qui tient un volatile dans la main gauche est saisie dans ungeste de surprise, le coude droit levé, sur le point de se lever. Sa posture,avec la main gauche s’appuyant sur l’accoudoir de son siège, est un hommageévident à la figure de l’apôtre de gauche dans le Souper à Emmaüs duCaravage (fig. 1, Londres, National Gallery, inv. n° NG172). Le geste duChrist, sur le point de fouetter l’assemblée, posant sa main droite surl’épaule gauche, est une réminiscence du même détail dans la célèbre gravured’Albrecht Dürer (fig. 2, Le Christ chassant les marchands du Temple, ducycle de la Petite Passion). On retrouve ce geste presque identique dansles oeuvres de représentants de la première vague caravagesque comme Cecco delCaravaggio (fig. 3, Francesco Boneri, dit Cecco del Caravaggio, Le Christchassant les marchands du Temple, Berlin, Staatliche Museen,Gemäldegalerie) et Dirck van Baburen (fig. 4, Le Christ chassant lesmarchands du Temple, Royaume-Uni, Schorr Collection).
La palette aigüe et leton clair du fond démentent que l’habileté de Stomer ait été limitée à lapeinture à la lumière artificielle des chandelles. Notre peinture est situéedans un espace plutôt bien éclairé, à tel point que l’artiste ne recourt àaucune source de lumière artificielle pour définir la scène. Des solutionsanalogues se rencontrent dans les oeuvres de la période romaine de Stomer,comme les Evangélistes Marc et Luc (ca 1635, à l’époque à Londres,Trafalgar Galleries), qui fait pendant aux Evangélistes Matthieu et Jean (NewYork, Columbia University). La forte concentration des figures dans l’espacefiguratif du tableau nous pousse à le dater pendant le séjour de Stomer à Rome(1630- 1633), période au cours de laquelle le peintre d’Amersfoort absorbed’une manière plus évidente l’influence du Caravagisme visible à Rome.
Collection H.-F. Lavanchy
Ce lot provient de la collection H.-F. Lavanchy